Avec le changement climatique et l’appauvrissement des sols, de plus en plus d’agriculteurs et de jardiniers s’intéressent à une pratique ancestrale remise au goût du jour : l’agroforesterie. Cette méthode consiste à intégrer des arbres dans ou autour des parcelles agricoles. Bien choisies, ces associations permettent de préserver la biodiversité, améliorer les rendements et régénérer les sols. Mais alors, quels arbres associer à vos cultures pour tirer le meilleur parti de cette approche durable ?
Sommaire
Pourquoi intégrer des arbres aux cultures ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les arbres et les cultures ne sont pas en concurrence. Bien au contraire, ils peuvent coopérer à condition d’être bien sélectionnés et correctement implantés.
Les bienfaits de l’agroforesterie sont nombreux :
- Protection contre l’érosion et le vent
- Amélioration de la fertilité des sols
- Régulation du microclimat : ombre, humidité, température
- Hébergement de la biodiversité utile (oiseaux, pollinisateurs, auxiliaires de cultures)
- Production de bois, fruits, fourrage ou biomasse en complément des cultures
Critères de choix des arbres en agroforesterie
Tous les arbres ne sont pas adaptés à toutes les cultures. Avant de planter, il faut considérer plusieurs critères :
- Compatibilité racinaire : certains arbres comme le noyer ont un effet allélopathique, c’est-à-dire qu’ils peuvent inhiber la croissance des plantes voisines
- Exigences en lumière et en eau : un arbre trop ombrageant ou gourmand en eau peut nuire aux cultures si mal positionné
- Croissance et entretien : mieux vaut opter pour des essences faciles à entretenir, avec une croissance rapide ou au contraire très stable selon vos objectifs
- Valeur ajoutée : bois d’œuvre, fourrage, fruits, fixation d’azote, amélioration du sol…
Quelques exemples d’associations intéressantes
Paulownia + grandes cultures (blé, orge, tournesol…)
Le paulownia, arbre à croissance rapide originaire d’Asie, est de plus en plus prisé en agroforesterie. Il pousse vite, capte beaucoup de COâ‚‚, améliore la structure du sol grâce à ses racines profondes et laisse passer la lumière grâce à son feuillage aéré. Il s’adapte très bien aux grandes cultures si l’on respecte un espacement suffisant entre les rangs.
Vous pouvez par exemple opter pour les plants Paulownia Nature, des hydrides réputés pour leur vigueur, leur résistance et leur adaptation aux climats tempérés.
Châtaignier + maraîchage bio
Le châtaignier offre un excellent bois, un feuillage généreux pour faire du BRF (bois raméal fragmenté), et produit des fruits intéressants. Il attire également les pollinisateurs. Il se combine bien avec des cultures maraîchères sous abri ou en plein champ, en veillant à limiter l’ombrage.
Robinier faux-acacia + prairie / élevage
Très utilisé dans les systèmes agroforestiers, le robinier fixe naturellement l’azote de l’air dans le sol, ce qui enrichit la terre. Son bois est imputrescible, et ses fleurs attirent les abeilles. Il est souvent utilisé dans les prairies destinées à l’élevage, car ses feuilles sont également consommables par certains animaux.
Poiriers et pommiers + cultures pérennes
Intégrer des arbres fruitiers dans une haie ou en bordure de parcelle est une excellente manière de combiner production fruitière et protection des cultures. Ils attirent la biodiversité et protègent des vents dominants.
Quelques conseils pratiques avant de planter
- Renseignez-vous sur les distances de plantation : trop rapprochés, les arbres nuisent aux cultures ; trop éloignés, vous perdez en synergie.
- Choisissez des plants certifiés, adaptés à votre sol et à votre climat.
- Préparez bien le sol avant la plantation, en désherbant localement et en aérant les zones racinaires.
- Prévoyez un arrosage les deux premières années le temps que l’arbre s’installe.
En choisissant avec soin les arbres que vous intégrez à vos cultures, vous améliorez non seulement vos rendements, mais vous contribuez aussi activement à la régénération des sols et à la lutte contre le réchauffement climatique.