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Notre histoire de l’art repose sur l’oscillation entre deux tendances de fond : d’une part le figuratif, et d’autre part le formalisme. Concernant la tendance figurative, dont le mimétisme est la manifestation canonique, il a eu de longues périodes de gloire ! On peut l’attribuer à la culture classique gréco-latine dont les fresques et les sculptures témoignent du goût prononcé pour la reproduction de l’image des objets réels et on peut lire l’histoire de l’art comme la quête de la recréation de la nature des mythiques œuvres de Zeuxis à la révolution des perspectives à la Renaissance jusqu’aux hologrammes ou au clonage pratiqué par certains artistes contemporains comme Eduardo Kac. À l’opposé, le formalisme, issu des traditions ornementales des peuples germaniques, de leur orfèvrerie et de l’abstraction de leurs motifs, s’est perpétué dans l’enluminure à motif celtiques et ornementaux, la décoration ou la marqueterie pour finalement retrouver ses lettres de noblesse au XXe siècle dans toutes les expériences de l’abstraction, des fondateurs Malevitch, Kandinsky et Mondrian aux désormais classiques représentant de l’expressionnisme abstrait ou de l’art conceptuel. 
photographie: Olivier Martin Delange
C’est à tort qu’on attribue le goût pour la nature seulement à la première tendance. Au contraire, le formalisme, tel que nous l’avons situé, a fort à faire avec l’esthétique de la nature.
Pensons simplement au fait que la plupart des motifs ornementaux sont dérivés de formes naturelles. Par exemple, les feuilles d’acanthes, qui ornent tant de monuments, se retrouve de façon stylisée dans l’enluminure médiévale, et devient ensuite un motif purement abstrait selon un procédé similaire à celui de Mondrian sur la représentation d’un arbre, de plus stylisé, jusqu’à l’abstraction.
La matière est elle aussi une considération artistique issue d’une recherche formaliste. La tendance figurative de l’histoire de l’art accentue la représentation au détriment de la matérialité des œuvres. Par exemple le dessin d’un arbre doit être vu comme un arbre, et non comme de la peinture sur une toile. Au contraire, l’abstraction met en avant la matérialité des œuvres, la peinture en tant que matière à partir de Delacroix qui favorise la couleur au lieu du dessin, les impressionnistes qui laissent apparaître les touches de peinture jusqu’au monochromes et la peinture abstraite. Ainsi, elle renoue avec la nature pour aboutir à la présentation des matières naturelles que ce soit avec les Earthwork du Land Art, les œuvres de Goldsworthy ou enfin Giuseppe Penone sur le bois, la neige, les pierres ou le sable.
Le formalisme est donc déjà dans la nature. La photographie est un biais efficace pour le démontrer. Par exemple le gros plan, nous aide à ne considérer que les qualités formelles. Et quelle infinité d’expériences formelles nous pouvons alors espérer réaliser avec la diversité naturelle !
Tags : formalisme esthétique Belle-nature
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Merci ! J'ai effectivement lu ce très bon ouvrage, étant moi même doctorant à Paris 1 sur le sujet...