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Gestes durables

Voici le cours sur le Développement Durable que j'ai reçu lors de la ma licence en 2003. Cours très intéressant qui explique les trois composantes du Développement Durable.

(Maitre de conférence : Audrey AKNIN Economiste, chercheur au Centre d'Economie et d'Ethique pour l'Environnement et le Développement (C3ED) de l'Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines (UVSQ) :

 

Le développement durable

 

 

1- Soutenabilité et durabilité : 

 

Introduction :

 

·         L'agronome René Dumont est le premier à avoir fait connaître après la Deuxième Guerre mondiale la notion de mal développement, surtout dans le domaine agricole.

 

·         A partir de 1971 on observe une forte augmentation des activités qui se heurte à des problèmes environnementaux.

 

·         Les travaux effectués par le Club de Rome ont permis de regrouper jusqu'à 225 indicateurs sous cinq rubriques :

§  la croissance démographique

§  l'alimentation

§  l'état des ressources non renouvelables

§  la production industrielle

§  la pollution

 

·         Il a été établi à partir de ces paramètres, en 1972, des modélisations sous forme de courbes de projections.

 

· En 1972, les Nations Unies tiennent leur premier congrès mondial sur l'environnement à Stockholm.

 

· 1980, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), propose une stratégie mondiale de conservation de la nature et évoque, pour la première fois, la notion de développement durable. Elle définit le développement durable comme étant la conservation des ressources vivantes, la préservation des sources génétiques et le maintient de l’équilibre écologique. Cette intervention de l'UICN en 1980 marque le début d'une préoccupation mondiale pour l'équité entre nations du Nord et du Sud, en tant que composante d'un développement durable. Les répercussions dans le monde sur les différentes stratégies nationales de conservation de la nature ont été nombreuses.

 

· Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), parle de développement soutenable comme étant :

§  la lutte contre la pauvreté

§  la lutte pour l’auto suffisance alimentaire

§  la lutte pour l’amélioration des niveaux sanitaires                  

 

· En 1983, l’Assemblée Générale des Nations Unies met en place une commission générale sur l’environnement et le développement. Cette commission mondiale est dirigée par Mme Bruntland.

 

· En 1987, la véritable notion de développement durable est donnée par Mme Bruntland : « Our Common futur » (notre avenir à tous) : « le développement soutenable est celui qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leur propre besoin ».

 

Les besoins :

 

Il s’agit d’une stratégie de conservation du patrimoine naturel.

C’est une responsabilité éthique.

 

Il faut alors :

§  Mettre en place des politiques de développement

§  Permettre l’accès aux ressources

§  Permettre la distribution des coûts et avantages

§  Assurer l’équité de cette distribution

 

 

Il existe deux types d’approches :

 

1ère approche : L’approche écocentrée

 

Cette approche consiste à dire que toute forme de vie possède une valeur

 

2ème approche : L’approche anthrocentrée

 

Cette approche consiste à dire que le développement doit permettre une augmentation du bien être humain. 

Cette approche se base sur trois courants théoriques :

1er courant : l’approche économiste : mettre en place les moyens économiques de la soutenabilité.

2ème courant : l’approche écologique : préserver les ressources naturelles.

3ème courant : l’approche sociale : créer les conditions socio-écologiques du bien être.

 

   1.1- L’approche économiste : (Ecole néoclassique : économistes libéraux)

Le développement  est un ensemble de moyens économiques permettant d’assurer aux générations futures et présentes, la croissance de leur bien être (à partir du capital).

 

Pour cela il faut :

· préserver le capital (facteurs de productions, le travail et le capital naturel).

· substituer du capital technique au capital naturel = substituabilité des facteurs.

· Selon ce courant, il y a des dysfonctionnements du marché (offre / demande). La surexploitation et la pollution en sont un signe.

· Instaurer des droits à polluer

 

Les biens détruits étant gratuits, ils ont par définition coût inférieur pour le pollueur à leur utilité marginale sociale. Il s’agit donc de réintroduire un coût d’usage pour ces biens et de redéfinir une structure des droits de propriété en introduisant par exemple, un marché des droits à polluer.

 

On prend en compte l’intérêt des générations futures à travers une définition de leur fonction d’utilité. Le bien être des ménages dépend de la qualité environnementale. Tandis que la fonction de production inclus le capital naturel.

 

L’investissement va en partie à l’accumulation du capital technique et en partie aux efforts de dépollution.

 

  1.2- L’approche écologiste :

Maintenir le stock de capital assurant la croissance du niveau de bien être, mais la parfaite substituabilité est contestée. L’approche économiste ignore les effets de seuil, de stocks critiques (eau…), l’irréversibilité des ressources non renouvelables. Elle ignore aussi la complexité et la globalité du mécanisme de régulation, les goûts ou les préférences des générations futures sont incertains.

 

L’intervention publique est inévitable, les critères de décision de l’état peuvent reposer sur deux techniques :

  • l’analyse coût / avantage.
  • L’analyse multicritère qui intègre dans les décisions de politique économique, des objectifs environnementaux distinct des objectifs économiques traditionnels.
 1.3- L’approche sociale :

Cette approche est une critique de l’analyse néo-classique (Ecole néo-classique). Elle trouve ses racines dans la littérature du développement et intègre désormais l’écologie à son raisonnement. Elle distingue croissance et développement. Le développement est la capacité à réponde aux besoins fondamentaux. Elle se préoccupe des inégalités Nord / Sud (économiques et écologiques), des origines socio politique du sous développement et des atteintes à l’environnement.

 

Conclusion : 

 

La durabilité actuellement c’est :

« Économiquement efficace, politiquement démocratique, socialement équitable, écologiquement sain,… »

    

Le développement ne se confond pas avec la croissance. Il doit être élargi pour inclure d’autres dimensions (la qualité de l’environnement, la qualité de vie, la santé, l’éducation…).

 

Le concept de développement durable est une tentative pour aller au delà du simple énoncé des limites physiques de la croissance. C’est un concept multidimensionnel, économique et social. 

C’est un concept normatif (normes) = vecteur d’objectifs sociaux désirables. C'est-à-dire une liste d’attributs que la société cherche à atteindre ou à maximiser.

Le choix de ces objectifs fait l’objet de jugements  basés sur des valeurs et sur des normes éthiques.

 

Il met en évidence la préoccupation du long terme, la prise en compte de l’équité et la prise de décision en incertitude.

 

Définir le développement ne permet pas de déterminer les conditions nécessaires pour atteindre ni même de maintenir la soutenabilité. Il s’agit de développer les règles et les instruments de mesure de la soutenabilité : les indicateurs.

 

2- Soutenabilité faible et soutenabilité forte : 

 

Clivage important entre ces deux modèles

 

 a) La soutenabilité faible (Théorie économiste) :

 

La soutenabilité faible considère la soutenabilité comme une efficience économique. Les tenants de la soutenabilité faible considèrent que en matière de développement durable, l’efficience n’est pas un critère adéquat. La soutenabilité faible considère la soutenabilité comme une forme de capital (on parle de capital naturel) et considère que la croissance de leur bien être est l’objectif de la soutenabilité. Elle insiste  sur la non décroissance  à long terme de l’utilité du revenu par tête ou de la consommation réelle. Donc la non décroissance du bien être constitue l’objectif d’équité inter temporel.

Les modèles de soutenabilité faible sont des modèles néoclassiques, complexes, qui intègrent les progrès techniques, l’usage des ressources naturelles et la préservation de l’environnement au cours du temps.

 

Principaux acteurs de la soutenabilité faible : Hartwick et Solow.  

 

b) La soutenabilité forte (Théorie écologiste) :

 

La soutenabilité forte propose des règles qui impliquent l’état stationnaire pour préserver les ressources naturelles (Daly et Cobb 1989)

 

Intégration de l’économie et de l’école (Comon et Pening 1992, 94).

 

Le décideur et en incertitude, voir d’ignorance. Incertitude des conséquences de la pollution sans parler des préférences des générations futures.

 

Les possibilités d’occurrences des Etats du Monde ne sont pas probabilisables. On applique donc le principe de précaution.

 

Le processus de décision évolue en réponse au changement de l’information disponible du décideur et des perceptions qu’il en a.

 

A cela s’ajoute l’asymétrie entre le capital manufacturé et le capital naturel à l’égard de l’irréversibilité. On comprend donc le succès du principe de précaution en orientant les choix vers les solutions des plus prudentes permettant la préservation du potentiel des choix offerts aux générations futures.

 

Celui-ci semble s’imposer d’autant plus l’échelle des dommages potentiels est large.

 

 

3- Le développement socialement durable :

 

 C’est un développement qui surface le capital humain et le capital social et facilite la transmission aux générations futures pour que l’amélioration des conditions de vie puisse se poursuivre. Promouvoir le social c'est-à-dire réduire la pauvreté, accroître les potentialités et la sécurité, éviter les déséquilibres sociaux qui annihilent, trappe à pauvreté, exclusion sociale… Il convient de rechercher les conditions nécessaires à ce développement : principe éthiques (équité…), suivi d’évaluation, mesure d’impacts… (Auteurs : Perroux, Lebret, Sachs, Sen). Les dimensions du développement humain durable concerne deux dimensions du bien être humain : l’accessibilité et la potentialité : La cohérence est donnée par un renforcement des potentialités en capital pour améliorer les conditions de vie à long terme. On abouti à une démarche opérationnelle en renforçant les potentialités à travers les formes d’activités, les dynamiques territoriales, la réduction de la vulnérabilité des inégalités… en développant les principes de durabilités sociales. 

 

En résumé :  

  • Se pose la question de durabilité du développement : améliorer les conditions de vie des générations futures comme actuelles en renforçant le capital transmissible 
  • Différentes formes de capital
  • Substitution ou complémentarité
  • Insuffisance des analyses en termes sociaux

· D’où l’introduction des dimensions sociales dans la durabilité du développement :

- Conditions de vie : accessibilités et potentialités

- Liens croissance, inégalité, pauvreté, vulnérabilité

- Recherche principes de prudence et de précaution

    Conférence de Johannesburg (sept 2002)  Sommet de la Terre 

     

    Plan d’action :

  • L’eau :
  • Diminuer de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau et diminuer de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable (création de station d’épuration…)

  •  L’énergie :
  • Augmentation substantielle de la part des énergies renouvelables.

  •  Le climat :
  • Rappel du protocole de Kyoto

  •  La biodiversité :
  • D’ici 2010 : inversion de la tendance à la destruction de la biodiversité.

  •  La pêche :
  • D’ici 2015 : ne pas pécher plus de poissons que l’on est capable de régénérer.

  •  Subventions agricoles :
  • Réaffirmation du but de les diminuer (déjà évoqué à Doha en 2001 – OMC)

     

    Risque de mondialisation

    - Politique cohérente d’environnement à l’OMC

    - Principe de précaution

    - Principe de responsabilité commune

    - Lutte contre la diversification (FEM : Fonds pour l’Environnement Mondial)

    - Programmes d’actions pour modifier les modes de production et la consommation.

    - Droits sociaux

    - Responsabilité de l’entreprise

     

     Bilan : Peu d’objectifs chiffrés



Tags : Cours sur le Développement Durable cours économie licence Audrey AKNIN UVSQ

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