Petite histoire de la ficaire fausse renoncule :

Bien avant les hirondelles, il y a la ficaire pour nous annoncer le printemps.
Aux premiers rayons de soleil, elle sort de terre, s’apprête, lustre ses pétales jaunes vernissés, petites étoiles qui illuminent les sentiers humides. C’est l’une des fleurs les plus précoces de l’année, qui cohabite souvent avec l’anémone Sylvie. Une manne providentielle pour les insectes tirés de l’hibernation par la remontée des températures.

Etymologie de la ficaire fausse renoncule…
Un nom qui se joue de nous : Appelée « fausse renoncule » pour éviter toute confusion avec la « vraie » renoncule âcre ou « bouton d’or », elle appartient pourtant à la même famille botanique des renonculacées et est donc bien une renoncule…Injustice flagrante, car il me semble bien que c’est notre ficaire qui est à l’origine même de ce nom générique : les Renoncules. En effet, les ficaires se plaisent à coloniser les lisières humides des bois, les berges des cours d’eaux, les zones fraiches des jardins et des haies. Dès le milieu du seizième siècle, on les a nommées ranoncules, du latin ranonculus. Ce nom signifie littéralement « petite grenouille », en écho à leur attachement aux milieux humides. Plus tard, ce nom s’est étendu aux fleurs terrestres de la même famille comme le bouton d’or, et l’on a ainsi fini par qualifier la ficaire, première dame de la famille, de fausse renoncule !


Une vie de renoncule :
Très commune dans toute la France, cette jolie vivace tapisse les zones humides. Ses racines portent des tubercules en forme de figue (d’où le nom ficaire), où se forment des bulbilles qui assureront l’essentiel de la reproduction. En effet, ses graines ont une germination difficile et capricieuse. Elle apparait dès la fin de l’hiver, et sa partie aérienne disparait vers la fin du mois de juin. Alors, n’oublions pas de profiter de sa généreuse floraison.
Usage médicinal :
Pour l’anecdote, ses propriétés médicinales sont un peu moins glamour que le spectacle lumineux qu’elle nous offre au printemps :
Jadis, une plante devait ressembler à la maladie qu’elle était sensée soigner. Ainsi, les noix étaient conseillées pour les affections du cerveau. Selon les anciens, la morphologie des racines de ficaire était proche de celle des … hémorroïdes. On avait donc des racines au fond de sa poche, pour soulager la douleur causée par cette inflammation.
Coïncidence ? La ficaire possède effectivement des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques !