Jardin des plantes de Montpellier
Le Jardin des Plantes de Montpellier a été créé en 1593 par lettres patentes d'Henri IV. Dès les premières années de son existence, les visiteurs de l'Europe entière sont venus admirer le jardin établi par Pierre Richer de Belleval que le roi avait missionné pour développer à Montpellier la démonstration des simples
L'outil scientifique novateur qu'était à l'époque sa "Montagne" a été cité en exemple dès 1600 dans le Théâtre de l'agriculture et mesnage des champs d'Olivier de Serres.
Outre celui de son créateur, pionnier de l’écologie, les noms de Pierre Magnol, inventeur de la notion de famille végétale, ou d'Augustin-Pyramus de Candolle, qui a conçu ici sa Théorie élémentaire de la Botanique, suffisent, parmi ceux qui l'ont dirigé, à rappeler le rôle primordial qu'il a joué depuis plus de quatre siècles dans le développement, à partir de l'enseignement médical, de la botanique comme science à part entière.
Agrandi par deux fois au XIXe siècle, il occupe aujourd'hui 4,5 ha au cœur de la ville où collections vivantes se mêlent aux aménagements propres au développement de la "science aimable".
Autour de sa Montagne, qui en constitue le cœur archéologique, s'articule vers le sud la partie la plus ancienne, qui accueille une Ecole systématique bordée par l'Orangerie dessinée par Delagardette et achevée en 1804, alors qu'au nord les anciens jardin Itier et Bonnard ont été respectivement aménagés en Ecole forestière en 1810 et en Jardin anglais, avec serre et bassin, à partir de1859.
Le Jardin des Plantes de Montpellier présente aujourd'hui plus de 2000 espèces végétales cultivées en plein air, dont des sujets historiques comme le Gingko biloba mâle planté à la fin du XVIIIe siècle et devenu autofertile par la greffe de branches femelles en 1832, et plus de 1000 taxons répartis dans les abris vitrés.
Pour les échanges de graines, il correspond avec plus de 700 autres établissements similaires de par le monde. En plus des collections végétales, ce jardin abrite une importante statutaire consacrée aux naturalistes montpelliérains, un monument dédié à Rabelais, et un cénotaphe du XVIIIe siècle, le tombeau de Narcissa, qui lui confère un charme romantique ayant inspiré Paul Valéry et André Gide.
Le Jardin des Plantes est protégé au titre des Sites (1982) et des Monuments Historiques (1992) et la première phase de sa restauration, cadrée par une vaste étude préalable, la réhabilitation de la serre Martins, serre monumentale de 1860, vient d'être engagée.
Ce jardin botanique historique entend concilier, en ce début de XXIe siècle, sa dimension patrimoniale exceptionnelle avec sa vocation scientifique et pédagogique et son rôle de centre d'éducation à l'environnement pour le grand public.
Le Jardin des Plantes de Montpellier se trouve sous une influence climatique méditerranéenne affirmée.
Beaucoup de plantes viennent de pays d’Europe partageant ce climat ou d’autres régions méditerranéennes du monde.
L’Ecole de Systématique
C’est le jardin didactique. Les plantes y sont classées suivant le traité de Bentham & Hooker, 1883, complémenté de la numérotation continue de Durand, 1887. Dans l’échantillonnage des Genres présentés, l’accent est mis sur les plantes locales. Y sont également privilégiées des plantes offrant des stratégies adaptatives à la sécheresse (Labiatae aromatiques, plantes en coussinets, plantes annuelles automnales, arbrisseaux à feuillage persistant, plantes caduques estivales, plantes grasses, Gramineae sclérophylles, dicotylédones géophytes…).
La Montagne de Richer
La collection spécialisée de Cistaceae
En lien avec le pépiniériste détenteur de la collection des variétés enregistrées, le Jardin des Plantes présente 51 clones de cistes pour sol calcaire, 10 clones de cistes sur apport schisteux et 6 clônes du Genre proche Halimium. Cette collection fait l’objet d’un suivi régulier. Elle constitue une nouvelle collection de référence pour cette famille méditerranéenne.
Implantation des cistes - Jardin des Plantes
Les plantes médicinales
Il offre 250 plantes représentatives de la pharmacopée traditionnelle et de la phytothérapie méditerranéenne.
Les plantes vivrières
Elles sont cultivées dans le « carré potager », subdivision de l’Ecole de Systématique. Le thème est régulièrement réétudié afin de pouvoir représenter certaines régions du globe terrestre à travers leurs cultures vivrières traditionnelles (Extrême Orient, Amérique centrale). Ces thèmes sont étudiés en lien avec des spécialistes scientifiques, avec la volonté de favoriser les variétés originelles et d’abolir les traitements pesticides.
Les arbres en collection
Le Jardin est largement arboré. Des grands sujets sont les derniers témoins de l’engouement du XIIIième Siècle pour l’introduction de plantes exotiques (introduction du Ginkgo biloba, introductions d’Augustin Pyramus De Candolle dans l’Arboretum, introduction d’essences endémiques) :
- Erable de Naples, Acer neapolitanum,
- Camphrier, Cinnamomum camphora,
- Arbre aux quarante écus, Ginkgo biloba,
- Orme du Japon, Zelkova serrata,
- Micocoulier de Chine, Celtis sinensis,
- Cyprès de Gowen, Cupressus goveniana,
- Cyprès de Lambert, cupressus macrocarpa.
D’autres sujets, ramenés de missions scientifiques sur le pourtour méditerranéen témoignent du lien historique entre le Jardin des Plantes et le Laboratoire de Pathologie exotique :
- Cyprès du tassili, Cupressus sempervirens subsp. dupreziana,
- Cyprès de l’Atlas, Cupressus sempervirens subsp. atlantica,
- Chêne faux Kermès, Quercus pseudococcifera,
- Chêne calliprin, Quercus calliprinos.
Plantes d’orangerie et de serre froide
Environ 110 sujets dont certains sont sortis en été dans les zones visitables du jardin.
Plantes succulentes
Collection de plantes succulentes - Jardin des Plantes
Une cinquantaine d’espèces sont exposées en une rocaille sèche autour du puits à roue Sud.
Plantes tropicales
Les serres tropicales sont divisées en trois chapelles actuellement en service. La première abrite un bassin central en ambiance tropicale qui permet la culture des Victoria, nénuphar géant aux feuilles d'1,50 de diamètre et de l'Euryale, nénuphar dont le revers des feuilles flottantes est extrêmement vulnérant (les feuilles sont garnies, côté immergé, d'épines en lames de rasoir). Les deux autres chapelles ont un climat plus tempéré. Elles abritent des collections de Bromeliaceae, d'Orchideae, dont des taxa de Guyane, et des fougères. La serre Professeur Hervé Harant nous permet d’abriter les arbustes non rustiques exposés en été dans le secteur systématique.
Palmiers
Le Jardin des Plantes abrite 9 Genres de palmiers. La collection dans son ensemble est l’objet d’un traitement expérimental contre la chenille du papillon ravageur des palmiers, le Paysandisia archon. Une curiosité est le Butia capitata dont on obtient des fruits comestibles une délicieuse gelée. Brahea armata, le « Mexican Blue Palm », possède d’immenses panicules de fleurs dont le parfum est parmi les plus suaves du monde végétal.
Plantes aquatiques
Dans le grand bassin du jardin anglais, s’épanouit le lotus, Nelumbo nucifera, ramené d’Egypte par Delile. Cette étonnante aquatique persiste par un rhizome envasé ressemblant à s’y méprendre à une banane blanche. Sa graine est réputée d’une longévité exceptionnelle, jusqu’à 1000 ans. Le bassin central rond de l’Ecole de Systématique abrite une rare variété à fleur jaunâtre.
Plantes naturalisées
Le Jardin est un espace de naturalisation de plantes introduites, soit sciemment par des botanistes de l’Institut, soit non intentionnellement. Certaines de ces plantes ont un caractère invasif, pour certaines autres, le Jardin des Plantes constitue un refuge privilégié dans la région :
- Dauphinelle de Requien, Delphinium requienii,
- Fumeterre bicolore, Fumaria bicolor,
- Fumeterre de Kralik, Fumaria kralikii,
- Modiole de Caroline, Modiola caroliniana,
- Cousoude d’Orient, Symphytum orientale,
- Stipe trichotome, Stipa trichotoma,
- Linaire réfléchie, Linaria reflexa,
- Salpichroa à feuille d’origan, Salpichroa origanifolia
Faune entomologique
Le Jardin des Plantes abrite des ravageurs phytophages et xylophages, mais l’abondance des fleurs entretien une entomofaune d’auxiliaires floricoles, contrôlant efficacement les nuisibles. Ainsi, le Jardin jouit d’un équilibre biologique satisfaisant. Parmi les plus fréquents des beaux insectes, on rencontre : Le grand Capricorne, Cerambyx cerdo, qui s’attaque aux chênes verts, Les anthophores, Anthophora sp., pollinisant précocement les pervenches, Les pélopées (sceliphron sp.) et d’autres sphégiens, La grande scolie à front jaune, Megascolia maculata subsp. flavifrons, sur les cardons, L’abeille charpentière, Xylocopa violacea, sur les sauges, Le rhinocéros, Oryctes nasicornis, L’Agapanthie des chardons, Agapanthia cardui, sur les carthames, Les anthidies cotonnières, Anthidium sp,Les Coletes sur des fleurs variées.
Le Jardin des Plantes de Montpellier nous invite à une balade rêveuse, voir à la méditation, lorsque l'on imagine les siècles qu'ont traversés ses arbres… Il se trouve 163, rue Broussonnet à Montpellier.
avec plaisir, merci.