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Education et métiers verts

“Le développement économique est nécessaire pour sauver la biodiversité“.

 

 

 

 

“Pour la biodiversité, la pire chose est la pauvreté. Le développement économique est nécessaire si nous voulons conserver la biodiversité. Or, la Nouvelle-Calédonie est un des plus riches “hot spot“ de la planète en terme de biodiversité, et nous ne sommes qu’une dizaine de scientifiques à savoir identifier les espèces les plus communes de la flore du Territoire !“ Ce sont les premières paroles, que prononça Stéphane Mc Coy, lorsque nous l’avons rencontré. “À Goro Nickel, j’ai en charge depuis mon arrivée en 1996, les opérations de revégétalisation et je dois gérer, à la fois, l’aspect économique et l’aspect environnemental de ce travail. “

 
Mais, quelle est la différence entre réhabilitation et revégétalisation d’un site minier ? Vous donnez votre langue au chat ? Réhabiliter, c’est maintenir les sols, en bétonnant si nécessaire, en plantant des arbres quelconques, ou par ensemencement hydraulique (on projette de l’eau avec des graines). Revégétaliser, c’est reconstituer la vie végétale aux sols, en commençant par installer des plantes pionnières endémiques au milieu, qui vont d’une certaine façon préparer le sol, le revivifier, pour l’arrivée des graines des espèces endémiques suivantes, apportées par les oiseaux, le vent, ou les insectes.
 

Très bientôt, un million de plants par an

Stéphane Mc Coy est arrivé en Nouvelle-Calédonie en 1991. En 1993 il entre à l’IRD dans le dessein de faire une thèse sur le dynamisme écologique du maquis minier et passer son doctorat en botanique, ce qui sera chose faite en 1995. En 96, il est engagé par Goro Nickel pour poursuivre ses recherches et créer une pépinière. “À l’époque, quand j’ai commencé à l’IRD, les recherches du laboratoire de botanique et écologie végétale de l’IRD avaient dénombré 40 espèces spécifiques du sol minier avec de bonnes potentialités pour la révégétalisation. En entrant chez Goro Nickel, nous avons commencé sur une base scientifique visant plusieurs familles de plantes se trouvant dans le maquis minier, maintenant nous savons reproduire 186 espèces endémiques. Nous sommes en train de nous agrandir et de construire la première tranche d’une nouvelle pépinière qui nous permettra d’obtenir jusqu’à un million de plants par an.“ Actuellement, la production minière n’a pas encore débuté à l’usine du Sud, mais, grâce aux travaux de Stéphane et son équipe de revégétalisation (neuf salariés), ainsi que dix à vingt personnes habitant à Yaté, entre 20 000 et 30 000 plants sont établis par an depuis maintenant onze ans. La croissance des plantes sur les plantations est étudiée afin de sélectionner les plantes pionnières les plus propices à la revégétalisation. Avec la nouvelle pépinière, il est prévu de planter 300 000 pieds par an soit 30 hectares. Le reste des plants servira aux programmes visant à revégétaliser les mines orphelines ou les zones brûlées ainsi qu’a établir des couloirs forestiers d’arbres endémiques et d’enrichir les forêts par ajout de plantes rares endémiques.
 

Endémisme, biodiversité et botanique

La découverte est relativement récente : toute plante est associée à des bactéries et des champignons, qui colonisent ses racines et forment un entrelacs qui les relie entre eux. De nombreuses recherches sont faites dans ce domaine, dans plusieurs laboratoires à travers le monde, car on espère, par une meilleure connaissance, pouvoir améliorer les productions agricoles, (voir www.larecherche.fr “Plantes et champignons : l’alliance vitale“).

On considère que le rôle des champignons, vivant en symbiose avec les racines, est de transférer à la plante, de l’eau et des sels minéraux. Ils reçoivent en échange des sucres produits par photosynthèse par les feuilles de la plante. Pour revégétaliser avec succès, il est nécessaire de reconstruire cette association plante / bactéries / champignons (mycorhizes). Mais nous manquons à la fois de connaissances sur le rôle bénéfique de ces champignons sur nos sols miniers, aux particularités physico-chimiques extrêmement contraignantes  et de moyens pour les reproduire à grande échelle. Pourtant ailleurs, en Australie sur le site d’Alcoa (aluminium) et en Asie du Sud Est, on pratique et on sait déjà faire. Mais l’Australie a mis en place des incitations financières pour faire avancer la recherche et la revégétalisation. “Stéphane Mac Coy, quel est votre rêve sur ce sujet ?“ Un ange passe et … “Que nous réussissions à faire comprendre à tous que la survie de notre riche biodiversité est dépendante de la création d’une économie forte. La pauvreté amène partout sur la planète sa destruction. Et puis je voudrais avoir du temps, du temps, car ça va trop vite !“



Tags : Nouvelle-Calédonie botanique mine usine Sud

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Commentaires

1 . le 31/07/2008, par aileeaunordVégétaliseur en fleur

pourvu que ce ne soit pas trop tard!


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