Une Oeuvre Botanique et Artistique Considérable
la « Grande Flore en Couleur de Gaston Bonnier ».

Il s’agit d’un ouvrage publié entre 1911 et 1935 : 1.400 pages de textes, 721 planches, 7.800 illustrations en couleur, 3.346 espèces de plantes décrites.
On notera qu’il est vraiment dommage qu’un ouvrage de cette qualité, patrimoine national français, soit devenu quasi introuvable et indisponible sauf dans de très rares bonnes bibliothèques, alors qu’il s’agit d’une somme de données et de connaissances sans équivalent sur les flores française, belge et Suisse. A l’heure où l’on remet partout la Nature au goût du jour, il serait souhaitable que ce genre d’ouvrage soit réédité, et largement divulgué.
Gaston Bonnier, grand vulgarisateur de la botanique, qui sortit ce sujet des universités pour le mettre à la portée de tous. La flore Bonnier en format poche était encore très pratiquée lorsque je faisais mes études d’agriculture dans les années 1970. Il semble qu’elle soit passée de mode aujourd’hui. Je me demande pourquoi. Il s’agit d’un ouvrage si simple qu’il permet à un débutant, ne connaissant que quelques mots de botanique, par une recherche facile, d’avoir une certitude sur le nom d’une plante. Ce sont des séries de questions aux quelles il suffit de répondre par oui ou par non. A la dernière question on a le nom de la plante.

Mon grand père qui était très fier de son herbier de plus de 2.000 plantes, s’est servi toute sa vie d’une flore Bonnier, qui lui permettait de reconnaître avec une grande précision les espèces les plus variées. J’ai hérité de cette flore, du format d’un livre de taille moyenne que l’on pouvait emmener en promenade pour herboriser.

Dans cet article je veux parler d’une autre flore bien plus considérable : la « Grande Flore en Couleur de Gaston Bonnier ». Et plus particulièrement des procédés artistiques mis au point par Gaston Bonnier, Robert Douin, et Mademoiselle Julie Poinsot pour obtenir de si belles et si précises images de plantes, à la fois réalistes et esthétiques. Ces procédés originaux font un juste compromis entre la photographie et le dessin, de manière à obtenir au final une image claire, nette et précise, permettant d’identifier sans le moindre doute telle plante ou telle plante.
Je souligne pour les artistes botanistes, que les procédés de l’époque peuvent très bien être réactualisés en se servant de la photographie numérique, et des procédés de traitement de photos sur ordinateur.

Je cite quelques paragraphes de la préface de la réédition partielle des éditions Belin 1990.
Gaston Bonnier veut avec les illustrations de son ouvrage allier la souplesse du dessin à « la précision photographique » Pour ce faire, il va avoir recours à une méthode étonnante.
Tout d’abord il va, dit-il, se « procurer les meilleurs échantillons soit dans les collections, soit surtout dans l’état vivant, grâce aux correspondants qui ont bien voulu m’aider dans ce long et patient travail ».
Ensuite vient la photographie des plantes, en noir et blanc, à partir de négatifs sur plaques de verre dont beaucoup existent encore aujourd’hui. Un tirage noir et blanc très pâle est alors effectué sur bromure (procédé photographique de l’époque réputé pour sa qualité). C’est ce tirage qui donne, avec la fameuse « précision photographique », le port, la silhouette et les proportions de chaque plante : toutes les illustrations représentent les plantes à la même échelle (à la moitié de leur grandeur réelle).
C’est aussi sur ce tirage très pâle que Julie Poinsot, dessinatrice attitrée de Gaston Bonnier, fait le dessin et la mise en couleur, atteignant une perfection inégalée dans la reproduction des plantes : « Les teintes , toujours prises sur le vif, ont été reproduites sur les photographies... Grâce à l’envoi de ces échantillons frais, Mlle Julie Poinsot, avec une connaissance approfondie de la plante vivante, a exécuté avec talent les modèles de planches à donner au photograveur, et a en outre, dirigé toute la préparation des photographies et des photogravures. »
En d’autres termes, Julie Poinsot reproduit, à même le tirage photographique, la plante à ses différents stades d’épanouissement. On peut ainsi voir, sur la même plante, la fleur « dans tous ses états » : de face, de profil, en bouton, en graine. Les parties endommagées de la plante, déchirées sur les clichés, sont également complétées avec une fidélité saisissante. Le résultat final constitue une synthèse de la Vie d’une plante en une seule image. On mesure l’ampleur de la tâche, la subtilité de l’exécution et la minutie de ce travail de reconstitution en comparant l’épreuve photographique avec le travail artistique final coloré élaboré par Mlle Julie Poinsot. C’est la même main, habile et patiente, qui restitue relief et vérité aux photographies insuffisantes, qui redonne Vie à chacun des 7.800 spécimens d’une des plus importantes flores jamais publiées.
Cet article a été rédigé par Yves Gonnet.
Citation préface Belin 1990 en italique.
Passionnez vous pour la Vie toute entière consacrée à la botanique de Monsieur Gaston
Bonnier en lisant ces liens :
http://www.curiosit.com/bonnier/gbonnier.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Bonnier
J'ai placé en contribution photo un certain nombre de reproductions du travail artistique de Mlle Julie Poinsot. Tag: bonnier.

Ca c'est un livre que j'aimerai bien me faire offrir pour mon départ à la retraite...