Issu des ententes de plusieurs pays de la planète, le développement durable occupe aujourd’hui une place privilégiée parmi les nombreux projets de développement de l’ONU. Cette dernière connue pour être la plus grande organisation internationale au monde met tout en œuvre pour que les idéaux véhiculés par le concept de développement durable deviennent réalités. Au niveau étatique, chaque pays est chargé d’accomplir les actions nécessaires pour rendre effectif le projet sur son territoire. Quels sont les réels enjeux du développement durable ? Sur quels piliers repose le concept ? Où en est sa mise en œuvre en France ? Cet article vous apporte des réponses concrètes à toutes ces préoccupations. 

Développement durable : qu’est-ce que c’est ?

Pour mieux cerner le concept de développement durable, il est important de remonter à ses origines avant d’aboutir aux différentes définitions proposées.

Les origines du concept de développement durable

L’idée de développement durable a connu son émergence dans les années au cours desquelles les activités industrielles et économiques ont connu un remarquable essor. Dès la deuxième moitié du 19e siècle, les sociétés occidentales prennent conscience des importants impacts que leurs différentes activités ont sur l’environnement et l’équilibre social. La survenance de plusieurs crises socio-économiques et écologiques sans précédent a été le facteur qui a amené les dirigeants de la planète à divers niveaux à prendre des mesures afin d’entrer dans une ère de développement durable.

La notion de développement durable

Pour comprendre la notion de développement durable, il faut se référer au rapport de la commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies (ONU) désigné sous le vocable de rapport Brundtland. Ce dernier est le premier document officiel qui évoqua l’expression « développement durable » pour la première fois en 1987. Selon ce rapport, le développement durable peut être vu comme une forme de développement qui satisfait les besoins de la génération actuelle sans compromettre les chances ou les possibilités pour les générations futures de répondre à leurs propres besoins. En France, l’Association Française de Normalisation en abrégé AFNOR a proposé une définition également explicite de la notion de développement durable. Selon cette association de renom, le développement durable désigne un état où les différentes composantes de l’écosystème ainsi que leurs fonctions sont préservées pour les générations présentes et à venir. Parlant des composantes de l’écosystème, il s’agit pour cette association des êtres humains et leur environnement physique, des plantes et des animaux. Le développement durable est basé sur une vision à long terme qui prend en compte les nombreux besoins des générations actuelles sans occulter ceux des générations futures.

Les enjeux du développement durable


Pour concrétiser le développement durable dans tous les pays du monde, les Nations-Unies ont mis sur pied un programme de développement durable pour la période après 2015 connu sous la dénomination d’agenda 2030. Ce programme comporte 17 points représentant les objectifs à atteindre d’ici l’horizon 2030. Ces 17 objectifs composés de 169 cibles regroupent l’ensemble des enjeux de développement durable. Au nombre de ceux-ci, voici les plus déterminants qui méritent d’être évoqués.

Une utilisation rationnelle des ressources de la planète

L’utilisation rationnelle des ressources de la planète est l’enjeu phare véhiculé par les objectifs 12, 14 et 15 du programme de développement durable horizon 2030. Selon l’objectif 12, il faudra établir des modes de consommation et de productions durables. Au point 14, l’objectif est de conserver et d’exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable. Quant à l’objectif numéro 15, il énonce qu’il faut : préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.

Pourquoi cet enjeu ?

En effet, les trois dernières décennies ont été marquées par une explosion démographique sans précédent. En 3 décennies environ, la population terrestre est passée de 1 milliard de personnes à plus de 6 milliards.

Bon à savoir : la démographie continue aujourd’hui sa pleine expansion et les experts prévoient déjà une population terrestre de 10 milliards de personnes en 2100.

Cette augmentation de la population est accompagnée d’une augmentation des consommations individuelles, notamment en matière d’énergie. Les ressources agricoles disponibles deviennent de plus en plus insuffisantes pour combler tous les besoins. Il en est également de même avec les ressources énergétiques non renouvelables, notamment :

  • Le charbon ;
  • Le gaz naturel ;
  • Le pétrole ;
  • L’uranium et autres.

L’idée contenue dans cet enjeu est alors d’amener les humains à économiser les ressources de la planète, à les utiliser de façon rationnelle en évitant le gaspillage sous toutes ses formes.

Lutter contre le changement climatique

Les nombreux progrès connus par l’humanité ces dernières décennies dans presque tous les domaines de la vie courante ne sont pas sans conséquence. Des impacts dramatiques pour l’environnement découlent de ces progrès et de l’activité humaine de façon plus globale. L’exemple le plus concret est l’accumulation des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, ce qui entraîne un réchauffement généralisé de la planète. Des perturbations climatiques jusqu’ici jamais observées deviennent de plus en plus courantes et impactent les cycles naturels. C’est cet enjeu qui est véhiculé à travers l’objectif 13 du programme de développement durable qui demande de prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.

Bâtir une meilleure justice sociale

Selon plusieurs estimations, près de 80% des ressources terrestres sont consommées par seulement 20% de la population mondiale. Cette inquiétante disparité témoigne d’une répartition ou d’un partage inégal des ressources de la terre. Les pays fortement industrialisés s’approprient la majorité des ressources disponibles sur la terre. À travers le développement durable, le but est de corriger ces injustices sociales afin de permettre à tous les habitants de la terre de profiter des ressources disponibles.

Œuvrer pour une industrialisation durable


Il est une vérité indiscutable que les industries et les progrès scientifiques participent eux aussi au développement durable. Pour cette raison, ils représentent des facteurs à ne pas négliger. Ils doivent au contraire être intégrés au processus de développement. Par contre, des changements doivent être apportés à leurs différents procédés afin de bannir les aspects négatifs. En d’autres termes, l’enjeu ici est de muter vers une forme d’industrialisation qui tient compte de la nécessité de préservation de l’environnement. La meilleure forme d’industrialisation est celle qui existe sans détruire l’environnement : c’est cet idéal qui est poursuivi. C’est l’objectif 9 du programme de développement durable des Nations unies qui présente cet enjeu en ces termes : bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et promouvoir l’innovation.

Créer les conditions de mise en œuvre des objectifs de développement durable

L’enjeu ici est de créer les conditions favorables à une application effective des 17 objectifs de développement fixés en septembre 2015 par les Nations unies ainsi que les 169 cibles. La mise en œuvre desdits objectifs devra se réaliser avec le concours des diverses composantes de chaque pays, notamment :

  • L’État ;
  • La société civile ;
  • Le secteur privé ;
  • Les citoyens.

Instaurer la paix et éradiquer les conflits

Il s’agit à ce niveau de l’un des enjeux capitaux du développement durable. Conscientes du fait qu’il ne saurait y avoir de développement durable sans paix et cohésion sociale, les Nations unies considèrent cet enjeu comme primordial. A cet effet, l’objectif 16 du programme de développement durable énonce qu’il faut : promouvoir l’avènement des sociétés pacifiques et inclusives aux fins de développement durable, assurer l’accès de tous de à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous.

Favoriser la coopération internationale

L’objectif ici est de favoriser un contexte de coopération au niveau international. L’atteinte de cet objectif passera par la diffusion des bonnes pratiques qui permettront de créer un cadre de coopération entre les acteurs à divers niveaux. 

Sur quels piliers repose le concept de développement durable ? 

Les piliers du développement durable

Le développement durable tel qu’envisagé aujourd’hui s’appuie sur trois piliers fondamentaux. Il s’agit de l’écologie, du social et de l’économie. Le développement ne peut véritablement être durable que s’il parvient à concilier l’efficacité économique, l’équité sociale et la qualité environnementale.

Le pilier économique


Le pilier économique du développement durable traduit la nécessité de trouver un juste équilibre entre profit et gestion durable de l’environnement. La recherche du bénéfice à travers les activités économiques ne doit pas s’effectuer au péril de l’environnement, mais prendre en compte la protection de ce dernier et évoluer.

Le pilier social

Les besoins essentiels des populations doivent être satisfaits par une éradication des inégalités sociales. Tout ceci doit s’accomplir en prenant en compte les différences culturelles afin d’opérer des ajustements conformes à chaque peuple.

Le pilier environnemental

Préserver l’équilibre écologique sur le long terme en évitant de poser des actions qui présentent des conséquences nuisibles à l’environnement.

Ces trois piliers sont accompagnés de quatre principes fondamentaux qui participent à l’atteinte des objectifs. Il s’agit notamment :

  • D’une solidarité à tous les niveaux : générations, peuples, pays, individu ;
  • Un principe de précaution ;
  • Une participation de chacun : au niveau du citoyen, le développement durable se traduit par l’accomplissement au quotidien d’actions qui préservent l’environnement naturel. Il se traduit également par une implication du citoyen dans la vie sociale et politique de son pays ;
  • Une responsabilité de tous.

Mise en œuvre du développement durable en France

Engagé en faveur du développement durable, la France fait partie des pays qui accomplissent de grands efforts pour l’atteinte des objectifs fixés par les Nations unies en septembre 2015. Pour obtenir plus de détails sur les États qui prennent à cœur le développement durable, vous pouvez voir ce site. La mise en œuvre du développement durable en France s’entrevoit à travers les nombreuses actions posées par les gouvernements successifs jusqu’à ce jour. Ces dernières peuvent être classées en deux grandes catégories, notamment les actions de développement durable posées avant 2015 et celles posées à l’issue de la conférence de septembre 2015.

La mise en œuvre du développement durable avant 2015

Réunis en juin 1992 pour le « Sommet de la terre », plusieurs États, dont la France, ont pris l’engagement de jumeler dans leurs politiques, les enjeux du développement socio-économique à ceux environnementaux. Un programme d’actions dénommé « Agenda 2021 » a été adopté à la suite de ce sommet. Tout ceci a permis par la suite de déboucher sur un autre sommet : celui de Johannesburg sur le développement durable en 2002 où les États membres de l’ONU ont été invités à prendre toutes les mesures nécessaires à une application effective des décisions prises. Pour honorer ses engagements, la France a instauré en 2003 une stratégie nationale de développement durable applicable sur cinq années. Cette dernière s’est poursuivie avec « Grenelle de l’environnement » en 2007. La phase pratique de cette stratégie a donné naissance à l’élaboration de Plan climat en 2004 et de la charte de l’environnement en 2005. La mise en application d’« Agenda 2021 » a été favorisée par l’État français et constitue un important pilier de l’instauration du développement durable en France.

La création de structures gouvernementales

Pour s’assurer de l’application effective de la stratégie nationale de développement durable, la France a créé un ensemble de structures. Ces dernières s’occupent des phases pratiques des plans d’action de développement durable. Il s’agit :

  • Du Comité interministériel pour le développement durable (CIDD) ;
  • Du Conseil national de développement durable (CNDD) ;
  • De l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’environnement (ADEME).

Les actions de ces différentes structures étatiques ont été renforcées par des textes de loi sur le développement durable. Il s’agit :

  • De la loi sur l’orientation pour l’aménagement du territoire et le développement durable ;
  • De la loi relative à la solidarité et au développement urbain ;
  • De la loi sur l’air.

La mise en œuvre du développement durable en France à partir de 2015

Dès l’année 2015, la France a réaffirmé son attachement aux objectifs de développement durable à travers l’élaboration d’un solide arsenal juridique.

La loi sur la transition énergétique

Pour lutter contre les changements climatiques (objectif 13 du programme de développement durable de l’ONU) et favoriser le déploiement des énergies propres, la France a adopté la loi sur la transition énergétique.

Bon à savoir : à travers cette loi, la France prévoit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030.

Au rang des prouesses déjà réalisées, le service de l’observation et des statistiques (SOES) a annoncé que les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 11% depuis l’année 1990. Par ailleurs, il faut également préciser que la loi sur la transition énergétique fixe comme objectif une hausse de la consommation des énergies renouvelables à plus de 30% de la consommation énergétique finale en 2030. Un autre objectif tout aussi important accompagne ce premier but : baisser à 50% la part du nucléaire en matière de production d’électricité d’ici 2025.

La lutte contre les pesticides

Pour préserver la qualité de l’eau sur son territoire, la France a mis sur pied des mesures pour lutter contre l’utilisation des nitrates et pesticides. Une promotion des pratiques agroécologiques est également effectuée par l’État afin d’instaurer une agriculture biologique.

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