Il est de notoriété commune que les produits issus de l’agriculture conventionnelle ne répondent plus aux besoins sans cesse croissants de la population mondiale. Si les systèmes alimentaires et agricoles parviennent tout de même à fournir aux consommateurs des aliments, ceci n’est pas au détriment d’un usage excessif d’intrants externes et d’une surexploitation des ressources naturelles. Cet état de choses conduit à une déforestation massive, aux pénuries d’eau, à la perte de biodiversité, à l’épuisement des sols et à d’importantes émissions de gaz à effet de serre.
C’est pour pallier ces véritables problèmes climatiques que l’agroécologie a fait son apparition. C’est une nouvelle approche qui pourrait révolutionner sur le long terme notre rapport avec l’agriculture.

Qu’est-ce que l’agroécologie ?


L’agroécologie peut être définie comme une approche dont l’objectif est de diminuer les pressions sur l’environnement et de préserver les ressources naturelles. L’agroécologie ou agriculture durable prône l’usage maximal de la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités de renouvellement.
C’est donc un ensemble de techniques agricoles respectueuses de l’environnement. L’usage de l’agroécologie permet de renforcer l’autonomie des exploitations agricoles, notamment de réduire l’utilisation d’intrants de synthèse.
L’agroécologie est le moyen ultime pour obtenir une triple performance économique, sociale et environnementale.

Quel est l’intérêt de l’emploi de l’agroécologie ?

En dépit des progrès significatifs, la faim et l’extrême pauvreté demeurent des problèmes cruciaux au niveau mondial. En dépit d’un recul du taux de pauvreté mondial, la persistance des inégalités sociales empêche son élimination.
Ces défis sociaux sont accompagnés de différentes impasses techniques qui constituent un frein à la productivité ou la compétitivité de nos systèmes agricoles. On constate donc :

  • Une dégradation des sols ;
  • Une résistance des ravageurs ;
  • Une augmentation du coût des intrants ;
  • Des impacts du changement climatique.

En conséquence, la production agricole est confrontée à des défis sociétaux majeurs notamment la gestion efficace des ressources et l’adaptation au changement climatique. On ne saurait pas occulter la sécurité alimentaire, le défi démographique et l’équilibre des territoires qui constituent de véritables challenges quotidiens pour les nations.
L’intérêt de l’agroécologie est donc la mise en place d’une réponse efficace à ces enjeux avec une agriculture compétitive et durable.
Au final, l’agroécologie est donc une approche de l’agriculture basée sur un ensemble de principes visant à la conception et au maintien d’agroécosystèmes dans une perspective de durabilité. Elle répond à certains principes.

Les cinq principes cardinaux de l’agroécologie

Pour réussir l’agroécologie, les agriculteurs doivent pouvoir respecter les principes ci-après !

Le respect du sol

La pratique de l’agroécologie impose aux agriculteurs de trouver un parfait équilibre entre le fonctionnement naturel du sol et les impératifs liés à l’activité agricole.
En effet, il incombe aux agriculteurs de rechercher des techniques favorisant l’aggradation du sol à moyen et long terme. Cependant, ce principe implique des phases de transition nécessaires pour des pratiques agroécologiques.

Pour travailler correctement le sol, il est recommandé l’arrêt systématique des labours profonds. De plus, des techniques culturales simplifiées, le semis direct sous couvert sont autant de méthodes qui permettront de favoriser la promotion d’une activité biologique des sols pour que ceux-ci deviennent plus fertiles.

La maintenance d’une grande diversité d’espèces

La pratique de l’agroécologie oblige l’agriculteur qui a une préférence pour le développement durable à maintenir la richesse des écosystèmes. Ceci permet d’augmenter leur résistance et résilience en s’appuyant sur les polycultures, en intégrant des élevages.
La maintenance de la diversité des espèces implique aussi l’utilisation raisonnée des ressources environnantes. Pailler l’eau pour limiter l’évaporation de l’eau, autoriser la reminéralisation naturelle des sols et cultiver des insectes bénéfiques pour les cultures sont autant de démarches qui permettent de préserver et d’améliorer durablement la biodiversité et l’écosystème de la ferme.
Ces gestes permettront de créer un cercle vertueux de reproduction des espèces et de facto la rotation des cultures.

L’optimisation de la ressource eau

Il est recommandé à l’agriculteur d’augmenter la couverture pour minimiser l’érosion des sols, la perte d’eau et d’humidité. En réalité, certaines cultures exigent une grande consommation d’eau. Pour limiter ses énormes prélèvements d’eau, on préconise en agroécologie de sélectionner des espèces végétales adaptées aux conditions climatiques de la région de l’agriculteur. Par, on encourage vivement les agriculteurs à opter pour la micro-irrigation ou à sauvegarder l’humidité des sols en les couvrant d’écorces ou de rameaux d’arbres broyés.

La réduction des substances toxiques libérées dans la nature

L’agroécologie optimise les processus naturels qu’offre la nature en recyclant les nutriments et la biomasse existants dans les systèmes agricoles et alimentaires.
C’est un processus qui permet à la fois d’équilibrer et d’optimiser le cycle nutritif

La réduction de l’utilisation d’intrants artificiels

Ils sont nocifs pour les cultures et en agroécologie, nous vous suggérons de les remplacer par des intrants locaux naturels qui pourront renforcer les interactions biologiques. L’agroécologie prône davantage l’usage d’engrais vert. En vous servant de vos connaissances sur la biodiversité locale, vous arriverez à lutter contre les nuisibles et les maladies et à vous passer totalement de pesticides chimiques.

Quels sont les avantages de l’agroécologique ?

L’agroécologie offre des avantages économiques, environnementaux et sociaux. En effet, elle garantit plus de gains, moins de productions, mais surtout des cultures de qualité.

Certes, l’agroécologie entraine moins de productions, mais elle rapporte plus aux agriculteurs, car l’objectif de cette forme d’agriculture durable est d’accroître la qualité environnementale, sociale et éthique des produits et de la faire rémunérer par le consommateur. En diversifiant leurs productions et leurs débouchés, les agriculteurs trouvent également une plus grande sécurité face aux fluctuations des prix de l’alimentaire.

Par ailleurs, avec l’agroécologie, les sols s’épuisent moins et la richesse de la biodiversité protège mieux les exploitations des aléas sanitaires et climatiques. Ces dernières sont plus résilientes et surtout mieux adaptées au contexte local. Elle est une discipline qui offre une agriculture moins consommatrice de ressources extérieures, plus diversifiée, adaptée au territoire local et moins polluante.

Enfin, cette discipline scientifique offre l’avantage d’harmoniser la relation entre l’Homme et la nature. L’agroécologie doit donc être considérée comme un tout dans une approche holistique. Elle favorise la production d’une alimentation de qualité, garante de bonne santé, assure l’autonomie alimentaire des individus et la stabilisation des populations sur leurs terres, revalorise la place des paysans dans les sociétés, crée et renforce les liens sociaux.

Quelques pratiques agroécologiques

Bien que les principes de l’agroécologie ne soient pas une nouveauté, ils demeurent difficiles à comprendre quand ils ne sont pas mis en pratique. Pour répondre aux défis alimentaires auxquels est en proie la planète, certains agriculteurs ont d’ores et déjà adopté les pratiques qui suivent.

Le non-labour

La pratique continuelle du labour a des conséquences néfastes et perpétuelles sur les sols et la biodiversité. Pour contrer ces effets, le non-labour consiste à semer des plantes sans au préalable travailler la terre et évitant de ce fait l’érosion du sol.
Le reboisement
En optant pour la technique du reboisement, vous garantissez la régénération des sols et assurez la fourniture en combustible naturel. Le reboisement de parcelles non utilisées contribue aussi au développement de la biodiversité.

La traction animale

La traction animale est une technique ancestrale et pourtant son application limite le recours aux énergies fossiles. C’est une alternative aux immenses engins agricoles. L’usage d’un bœuf ou d’un cheval vous permettra en plus d’obtenir du fumier.

Les cultures associées

On les appelle encore le compagnonnage végétal. C’est un système de culture consistant à cultiver plusieurs espèces végétales ou variétés sur la même parcelle en même temps. Ce principe de cultures associées permet d’augmenter les productions tout en limitant l’usage d’engrais artificiel. Vous pouvez cultiver en association par exemple de l’oignon, de l’ail, de l’aneth ou encore du concombre.

L’enseignement des savoir-faire paysans

L’agroécologie a une dimension sociologique. Elle ne prend pas seulement en considération le domaine agricole, mais aussi ses acteurs. La revalorisation des savoir-faire et la mise en réseau des paysans pour la transmission des savoirs agricoles font partie des principes fondamentaux de l’agroécologie.

Quelle est la différence entre agroécologie et agriculture biologique ?


La différence entre l’agriculture biologique et l’agroécologie réside dans la labellisation. En réalité, l’agriculture biologique dispose d’un label qui témoigne du défaut d’usage de pesticides ou d’engrais de synthèse. En revanche, l’agroécologie ne possède pas d’étiquette.
L’agriculture biologique prône le respect de l’environnement, notamment en bannissant tout intrant ou produit phytosanitaire issu de la pétrochimie. Cependant, celle-ci a des limites. L’agroécologie quant à elle respecte non seulement l’environnement, mais y instaure une réelle symbiose. Agriculteurs et terres vivent ensemble. Non seulement l’agriculture écologique préserve l’environnement, mais en plus, elle rend les sols durablement productifs, s’inscrivant ainsi dans un cercle vertueux.

Au final, on retient que l’agroécologie fait appel à un panel de techniques qui apportent une vision globale de l’exploitation agricole. Elle s’oppose à l’agriculture intensive responsable de nombreux maux environnementaux. L’agriculture écologique à contrario de l’agriculture intensive a une vision durable. 

Pour les agriculteurs qui désirent repenser leur relation avec la terre, l’agroécologie représente la politique du futur. L’agroécologie est garante d’exploitations agricoles plus respectueuses de l’environnement, mieux intégrées à leurs territoires. Elle est également une réponse à la crise financière des agriculteurs. Ce modèle est la solution pour un monde meilleure.

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