Macrophotographie et photo rapprochée : avec quel appareil ?
Comme nombre d’amoureux des belles choses de la nature, je me suis un jour amusée à photographier les plus belles fleurs de mon jardin avec un compact. Beaucoup de photos sans intérêt, mais certaines m’ont plu. J’ai renouvelé l’expérience, m’approchant de plus en plus près, puis tentant de figer, non plus la fleur, mais l’abeille qui la butine. Jusqu’au jour où j’ai réalisé que je faisais de la Macro, et que cela me passionnait.
Depuis ces premiers clichés, j’ai la chance d’avoir pu acquérir un appareil reflex et un objectif spécifiquement dédié à la macrophotographie. Disposer d’un tel matériel offre une grande liberté et une grande souplesse pour pratiquer la photo rapprochée. Mais il est tout à fait possible de réussir de belles photos avec un compact ou un bridge ?
Trop net, le compact ?...
Un objectif macro permet des grossissements plus importants. Lorsque l’on photographie les insectes (ou des cœurs de fleurs) avec un compact, le principal danger est de chercher à s’approcher au plus près pour avoir la plus grosse bêbête sur sa photo. C’est à mon avis une erreur : les objectifs font de moins belles photos lorsqu’on les pousse à la limite de leur capacité. J’avais pris l’habitude de m’approcher au plus près, puis je me reculais un peu et je refaisais la mise au point et le cadrage.
L’avantage d’un réflex couplé à un objectif macro est la maitrise de la profondeur de champ (c’est à dire la zone de la photo où le sujet est net). Devant et derrière, il y a un flou qui permet au sujet de se détacher dans un décor fondu.
(Dans la photo "Mouche et paquerette", seul le sujet est net, les paquerettes du fond sont suggérées par des taches floues plus claires.) Photo prise avec un réflex
Les photos prises avec un compact ont généralement une grande profondeur de champ : l’ensemble de la photo est net. C’est un atout pour les paysages, souvent parfait pour les scènes de fête ou de famille, mais cela peut gêner pour la macro. Mieux vaut le savoir et choisir son sujet et son cadrage en conséquence, de façon à transformer cet inconvénient en avantage. Le premier avantage est justement la netteté : une photo macro est un véritable portrait animalier qui nécessite souvent une parfaite netteté des yeux de l’insecte.
Cadrage - Exemple d’un sujet classique : fleur et butineur
Comme les très gros plans sont impossibles, il faut vraiment soigner son cadrage et mettre en scène son sujet pour qu’il ne se perde pas au milieu de multiples détails trop nets.
Choisir une grande fleur (bien exposée pour ne pas avoir de zones d’ombre. Le mieux est de sélectionner sa fleur la veille, et de surveiller tout au long du lendemain le bon moment : celui où la lumière pénètre au cœur. ) Une abeille dans la grande corole unie d’une rose trémière : un fond sur lequel se détache bien le sujet. La grande profondeur de champ permet de rendre nets l’insecte et la texture des pétales en même temps.
(Abeille et coquelicot avec un compact : tout est net)
Une abeille qui butine un massif de mille fleurettes : tout sera net, et l’abeille sera noyée dans le décor, un point parmi les autres. Pour les petites fleurs, choisir un sujet isolé, si possible sur un fond uni : une fleur solitaire dans la pelouse… Il faut tourner autour de son sujet jusqu’à trouver le bon angle. Généralement pas plus de trois plans : l’arrière plan uni et flou si possible (pelouse), le plan médian (fleur) et le sujet (insecte).
(Une abeille perdue dans un champ de coquelicots : trop de choses nettes, on ne sait pas quoi regarder...)
Une meilleure gestion de la profondeur le champ
On peut quand même généralement intervenir sur cette fameuse profondeur de champ : Certains compacts et les bridges possèdent différents réglages : il y a le réglage macro, mais on peut aussi souvent passer en « semi-automatique » ou en manuel. Pour la macro, le mieux est de se placer sur « A » (priorité ouverture). Cela permet de régler la profondeur de champ (la taille de cette fameuse zone de netteté). L’appareil adapte la vitesse tout seul. Il faut souvent choisir une faible profondeur de champ pour détacher davantage son sujet : tourner la molette pour avoir le plus petit nombre possible (4,5, 7 ?... selon les appareils). Avantage supplémentaire : Plus ce nombre est petit, plus la vitesse est grande et évite donc les flous de bougé.
(Avec un compact : Réglage semi-automatique "A" de la profondeur de champ : seule la fleur est nette, le reste est flou et ne vole pas la vedette au sujet)
Un dernier conseil : limiter l’usage du flash en macro. La plus belle lumière est la lumière naturelle. Le flash écrase, crée des reflets sur les pétales et sur les
insectes.
Le mot de la fin
A travers cet article, je tenais juste à partager mon opinion, mon expérience et mon approche de la macrophotographie, surtout pas à énoncer des vérités incontournables. Peut-être cela peut-il alimenter les réflexions sur la photo rapprochée… Et n’oublions pas que les plus belles photos sont souvent celles qui transgressent les règles académiques…
(Et merci de votre indulgence pour les clichés de coquelicot : j'ai fouillé les archives pour choisir les photos qui illustraient le mieux le texte, pas forcément les plus jolies...)