La "musicologie de la nature", c'est non seulement un art véritable, mais aussi une source de bien-être et de détente au quotidien. Place aux experts !
Pour moi, le voyage c’est bien évidemment l’occasion d’aller à la rencontre de terres inconnues, de vies, de cultures différentes, mais c’est avant tout d’aller à la rencontre de soi même… à travers la nature…
Je me souviendrai toujours, la première fois que je suis parti à l’autre bout du monde, c’était il y a plus de vingt ans dans une forêt entre le Kenya et la Tanzanie.
C’est un lieu qui reste encore aujourd’hui peu connu et peu fréquenté des hommes et qui surplombe ce que l’on appelle « la Vallée des Sorciers ». Il est entouré de mystères, de légendes en tous genres. Son authenticité préservée engendre un lieu totalement sauvage où les animaux n’ont pas l’habitude de la présence de l’homme. Ils gardent de ce fait un comportement instinctif et donc dangereux ; Ce qui n’est plus totalement le cas des grandes réserves Africaines de Masai Mara entre autres, trop imprégnées par l’être humain.
Pour les besoins d’un documentaire je devais donc enregistrer la présence d’animaux qui devaient s’abreuver au pied d’une petite chute d’eau surplombée par une caverne rocheuse. C’est dans ce lieu apparemment hostile que je devais passer ma nuit en solitaire à l’affût du moindre bruit enregistrable… Alors que je n’étais ni un aventurier, ni un grand sportif , me voilà hissé en rappel à plus de quinze mètres de hauteur pour trouver refuge dans ce studio d’enregistrement improvisé…
Je me décrivais à l’époque comme un « aventurier de la Tour Eiffel » un peu timoré, ayant la phobie des chauves-souris… Me voilà à cet instant abrité dans un repère de gigantesques roussettes ou apparentées qui survolaient ma tête pour rejoindre leur demeure. Il avait plu. La grotte ruisselait de toute part. Des araignées qui me paraissaient géantes s’activaient autour de moi, indifférentes mais bien présentes… Isolé, tétanisé, abandonné à mon triste sort, je pestais contre mes envies antérieures d’aventures qui vraisemblablement semblaient tourner au cauchemar.
J’allais donc passer la nuit dans cet endroit qui me paraissait hostile, je n’avais plus le choix. La fatigue aidant, je décidais de m’allonger à même le sol afin de me reposer et d’essayer d’oublier au mieux cette mésaventure. Les yeux fixés à présent sur le ciel, je fus surpris de découvrir un magnifique spectacle. Nous avions passé l’Equateur, les étoiles étaient de ce fait inversées. Je me mis à essayer de décrypter ces « nouvelles » formes zodiacales. Les ambiances sonores que je n’entendais plus, tétanisé par mes peurs, se faisaient entendre à nouveau, plus belles que jamais. Mon stress s’évanouissait pour faire place à une euphorie quasi mystique qui rendait grâce à la beauté de la nature. Un éléphant, éclairé par la lampe torche que j’avais apporté venait s’abreuver en toute tranquillité. Des milliers de petits batraciens sonnaient mon réveil à la Vie, la vraie, celle qui doit résonner sans discontinuer dans nos cœurs… J’avais en direct l’image et le son. J’étais dans un film bien plus féerique que ceux de nos maîtres du Grand écran.
La magie s’était opérée en moi. Je me sentais invité de ces lieux et de ces habitants. Rien ne pouvait m’arriver, j’étais sous leur protection…
Je n’étais certes pas l’aventurier que je voulais être enfant, mais le Voyageur qui allait vivre l’Aventure de toute une vie…
Bonsoir, Je viens de lire votre article.
Il m'a permis d'entrer en communion avec des êtres chers et disparus depuis peu aujourd'hui, qui ont milité pour le respect de la nature pendant leur vie.
Merci pour ce moment
Lina
félicitation! pour avoir oser vivre vos rêves d'enfant! et pour avoir su trouver les moyens financiers de les vivre!!!