LES PHOTOS DE FEES DE COTTINGLAY : OEUVRES D’ART OU FARCE D’ENFANT.
Je publie cet article à l’intention des Végétaliseurs, car sans doute eux aussi sont fascinés par tout le merveilleux qui a trait à la Nature. Et quand je parle de fées, cela devrait les intéresser.
De plus, je voudrais communiquer un point de vue intéressant que je n’ai pas trouvé dans les articles déjà publiés sur le sujet. Il existe une très abondante documentation en français sur Internet sur cette affaire. On notera que les articles donnent parfois des informations contradictoires.
Mon article se compose d’une introduction, d’un bref historique, des cinq photos des fées de Cottingley, de mon point de vue sur cette affaire, (je considère ces photos comme des chefs d’œuvre photographiques), et en conclusion la lettre très émouvante qu’a écrite l’une des protagonistes, alors grand mère et bien âgée.
Introduction
L’affaire de Cottingley où deux fillettes ont réussie à prendre en photo des fées semble maintenant définitivement établie comme une farce d’enfant qui n’a pas pu être démentie à temps. En effet, il s’agit d’un conflit « Univers enfants/univers adulte » très intéressant. Les adultes personnages parfois très sérieux rentrent quelque fois dans l’univers merveilleux des enfants. Au lieu de simplement s’en émerveiller, il cherche à l’expliquer. L’univers des enfants ne peut pas être expliqué : Il répond à la définition de « Merveilleux ». Les explications trouvées par ces adultes « érudits » « compétents », « experts » deviennent bien trop compliquées. Difficile ensuite aux enfants d’expliquer qu’ils avaient seulement voulu plaisanter. Les adultes se sentiraient ridicules. Difficile pour un adulte d’accepter de se sentir ou de se montrer ridicule.
L’Univers des enfants est l’univers des enfants. C’est leur univers : respectons le. Et si possible profitons de leur point de vue merveilleux sur les belles et bonnes choses de la Vie. Trop trop de sérieux et de solide dans notre « pauvre univers d’adulte ».
Je résume le fond de ma pensée : « Emerveillez-vous de l’Univers des enfants : ne cherchez pas à l’expliquer. »
Je résume très brièvement l’histoire : « Il était une fois » deux fillettes l’une âgée de 15 ans et l’autre âgée de 8 ans qui avait l’habitude de jouer dans un endroit auprès d’un ruisseau, où la nature avait gardé un aspect « originel », sans aucune souillure humaine. Leurs jeux et leur imagination les avaient conduit à se créer un monde de fées. D’une manière ou d’une autre : on leur a prêté un appareil photographique. Elles ont pu prendre 5 photos où elles apparaissent en compagnie de ces fées. Parce que justement les adultes mettaient en doute leur univers merveilleux, elles n’ont jamais voulu admettre que ces photos avaient été « arrangées ». L’affaire a pris une tournure très sérieuse, lorsque Sir Conan Doyle (l’auteur de Sherlock Holmes) s’est penché sur la question et a écrit un livre où il se révélait convaincu de l’authenticité de ces photos. D’autres grands experts se sont penchés sur ces photos et ont certifié qu’elles n’étaient pas truquées. La plus jeune des enfants, qui avait 8 ans à l’époque a toujours affirmé qu’elle avait bien vu des fées, même tout à la fin de sa Vie.
Pour un historique complet : cliquez ici
Voici une de ces photos :
Pour visionner les autres photos : diaporama
Mon point de Vue
Je considère extraordinaire en tant que photographe que des enfants, au début de l’ère photographique, qui n’avaient jamais manipulé un appareil, en se servant de leur ingéniosité et de leur imagination, ait pu créer de telles merveilles. Merveilles qui ont fait le tour du monde et qui ont fait rêver toute une génération. Je considère donc ces photos comme des chefs d’œuvre photographiques.
Je suppose que de nombreuses personnes se doutaient que ces photos avaient été arrangées, et cependant auraient tellement voulu que ce soit vrai. La confession très émouvante de l’une des protagonistes :"...(Vous avez) fait preuve d'une bien grande compréhension pour les beaux draps dans lesquels nous nous sommes mises, Frances et moi, ce jour bien lointain de 1916, lorsque notre petite plaisanterie est tombée à plat et que personne n'a voulu croire que nous avions pris des photos de vraies fées. "Rendez-vous compte que si seulement on nous avait crues, notre farce aurait pris fin tout de suite et nous aurions tout raconté; j'avais quinze ans et Frances huit. " Mais on s'est moqué de nous au contraire et tout le monde nous a demandé en riant comment nous nous y étions prises, et, toutes les deux, nous nous sentions très bêtes et nous avons laissé tomber, jusqu'au jour où, quelques années plus tard, Conan Doyle s'en est mêlé. "Mon père m'a dit que je devais raconter immédiatement comment j'avais fait ces photos, alors, comme la plaisanterie était mon fait, j'ai pris Frances à part pour en discuter sérieusement. Mais elle m'a suppliée de ne rien raconter, parce que depuis l'article dans le Strand Magazine, on la taquinait à l'école (NDA : le nom des protagonistes s'était bien sûr éventé assez vite). J'avais aussi de la peine pour Conan Doyle. Nous avions lu dans les journaux qu'on lui adressait des commentaires désagréables à cause de l'intérêt qu'il portait au spiritisme, et maintenant on se moquait de lui parce qu'il croyait à nos fées.(...) Il venait de perdre son fils à la guerre (NDA : blessé gravement durant la bataille de la Somme, celui-ci était mort de la grippe espagnole, ainsi d'ailleurs que le frère cadet de Conan Doyle) et le pauvre homme essayait certainement de se consoler comme il le pouvait avec des choses qui ne sont pas de ce monde.
"Alors j'ai dit à Frances : "Bon, nous ne dirons rien puisque Conan Doyle et M. Gardner sont les deux seules personnes autour de nous qui ont cru à nos photos de fées et comme ils ont au moins trente-cinq ans de plus que nous, nous attendrons qu'ils meurent de vieillesse et, après, nous dirons tout (...)"."