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Le 1er Février, je me trouvais en terre du Brésil, à Salvador de Bahia. J’allais continuer l’enquête sonore et musicale que j’avais commencé d’entreprendre au Bénin sur le thème de « La Route des Esclaves ».
Je suis frappé dès mon arrivée par la différence du mode de vie de ces cousins africains. Le monde occidental et la mixité ethnique ont quelque peu changé leur quotidien, c’est le moins que l’on puisse dire !... Je me remémore alors le travail de ces femmes qui pilaient le mil dans les lointains villages… Ici la vie se bouscule, fourmille au milieu d’une ville en pleine activité économique.
Il faut reconnaître que je n’ai pas choisi non plus la période la plus calme pour ma venue. Le Carnaval vient tout juste de débuter… En me promenant aux abords des plages, je vois des hommes en train de préparer des infrastructures qui vont vraisemblablement servir pour accueillir un événement important. Je me renseigne auprès de l’un d’eux. Le lendemain en la journée du 2 février, sera célébrée la fête de « Yemanja »…
 Yemanja est la « déesse de l’eau » sous toutes ses formes. Elle se matérialise à travers la mer, les fleuves et les rivières. Elle incarne également la beauté et la féminité. Les pêcheurs la vénèrent tout particulièrement. Des mythes et légendes se sont crées autour d’elle, comme celle du pêcheur Paolo, qui un soir de pleine lune a ramassé dans ses filets une superbe jeune femme. Elle portait un vêtement bleu clair qui semblait être fait d’air et d’eau tant il semblait fluide et léger…

Très tôt le lendemain matin, je me suis donc rendu sur les lieux pour découvrir sous un autre jour, et vénérer à ma manière, celle qui fait tant rêver les navigateurs et les voyageurs dans l’âme. Des milliers de personnes avaient investi les rivages pour l’admirer, la prier… C’est l’occasion de faire des demandes de bonne chance et de bonheur, d’argent, de santé et d’amour. Autant dire que les fidèles étaient nombreux…
D’innombrables corbeilles de fleurs furent déposées alors dans des barques. Elles furent également acheminées par les pêcheurs puis déposées sur les eaux en offrande à leur déesse. On se fait bénir, on vient ici faire la paix avec soi-même…

A l’heure où la planète a besoin de reprendre ses lettres de noblesse, cette fête m’est apparue comme une bénédiction. En vénérant la nature, n’est-ce pas le meilleur moyen de la protéger. Peu importe les cultes d’ailleurs. Qui pourrait reprocher de rendre grâce à la beauté de la création et de ce qu’elle incarne…

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tout un monde de couleurs !