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Fruits et légumes à l'eau... polluée MOF : Alors que démarre aujourd'hui le 13e congrès mondial de l'eau à Montpellier, on est en train de prendre conscience de l'importance des eaux usées, polluées donc, qui servent à produire des denrées alimentaires... Christian : oui et on est presque tombé à la renverse en découvrant le rapport de l'Institut International de gestion des ressources en eau (l'IWMI), premier rapport consacré à cette question qui montre, à partir de l'étude de 53 grandes villes d'Amérique latine, du Moyen-Orient, d'Asie et d'Afrique que dans 80% des cas, on produit des denrées dites consommables à partir d'eau polluée. Au total ce sont près de 200 millions d'agriculteurs qui ont recours aux eaux usées, on ou insuffisamment traitées pour leurs cultures. On est tombé à la renverse parce que nombreux sont les pays qui interdisent purement et simplement que l'on irrigue avec des eaux usées pour peu que leurs produits agricoles soient interdits à l'exportation mais cela n'est pas respecté dans les faits par manque de contrôle. Et avec la croissance démographique galopante des pays du sud, le phénomène va s'accélérer. On imagine hélas aisément les conséquences au plan de l'hygiène et de la santé des populations. MOF : y-a-t-il des solutions ? Christian : oui, elles existent. Il n'est pas question d'avoir recours aux méthodes occidentales, celles-ci sont trop couteuses, mais on peut comme cela est déjà pratiqué par endroits en Inde, si ce n'est rendre potable l'eau du moins la rejeter sans risque dans les cours d'eau naturel. Il suffit de faire transiter les eaux dans des bassins remplis de lentilles d'eau, une algue de surface, qui va en 72h absorber la moitié des impuretés. Des eaux qui vont ensuite traverser plusieurs bassins à poissons, des carpes en l'occurrence, de 5 variétés de carpes travaillant à différentes profondeurs, qui vont dévorer ce qui reste de matières organiques faisant chuter le nombre de bactéries dans l'eau de près de 90%. MOF : et attendant que de tels bassins soient installés, qu'est-ce qu'on peut faire ? Christian : pour diminuer le risque, il faut que les populations concernées, prennent l'habitude de laver les légumes qui sont mangés crus. On peut aussi stocker l'eau usée dans des étangs pour laisser se développer les matières solides. La préservation de l'eau et le recyclage des eaux usées urbaines sera et est déjà l'un des plus importants enjeux du 21 e siècle ! Source: Christian Buchet - Europe1.fr
Tags : fruit légume pollution pays du sud alimentation consommation
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Laver les légumes, oui ! Mais de par l'irrigation des cultures, la pollution n'est-elle pas au coeur du fruit ou du légume ?