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Blog : Jardins et plantes

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  • Etre Paysan au Moyen Age!

Les paysans -on les appelait les vilains- formaient la masse de la population; c'était à eux surtout qu'incombait la tâche de "fournir" à tous l'or, la nourriture et le vêtement. Au dixième siècle tous n'étaient pas de la même condition: les uns étaient serfs, les autres libres.

 

  • Les Serfs

 

Les serfs au dixième et au onzième siècle , étaient de beaucoup les plus nombreux. Ils descendaient sans doute des anciens esclaves et des colons de l'Empire Romain. Le Serf n'était pas libre de sa personne: il était attaché à la glèbe. C'est à dire qu'il ne pouvait sans l'assentiment du seigneur quitter la terre qu'il cultivait. S'il s'enfuyait, le seigneur avait le droit de suite, c'est à dire pouvait le rechercher, le reprendre où qu'il fût et le ramener au champ déserté. Pour se marier, il lui fallait l'autorisation du seigneur, et s'il prenait femme hors du domaine seigneurial, il devait payer un droit spécial, le formiage. Il était main mortable, c'est à dire qu'il ne pouvait  transmettre le peu qu'il possèdait à ses enfants, à moins de payer une taxe au seigneur, la main morte. Encore était ce le seigneur qui héritait si les enfants n'habitaient pas avec leur père. Le serf était vendu, engagé, donné avec la terre avec la quelle il vivait. Si cette terre appartenait à plusieurs propriétaires, ceux-ci pouvaient se partager les enfants du serf. "Le sixième jour de juin, dit un acte daté de 1087, nous avons procédé au partage d'enfants mâles et femelles appartenant à plusieurs parents. On a excepté du partage une toute petite fille qui est resté dans son berceau. Si elle vit, elle sera notre commune propriété jusqu'à conclusion d'un accord qui l'attribuera à l'un ou à l'autre seigneur."

 

Le seul avantage de serf était que la terre, dont le seigneur était propriétaire, ne pouvait lui être enlevée. Il en était comme le fermier à perpétuité. Pour prix de la jouissance indéfinie du champ, il payait un fermage invariable, le cens. Il devait encore payer une taxe personnelle, la taille, que le seigneur fixait à son grès, plus ou moins lourde. Par la suite on appela coutume ces deux redevances.

 

Là ne se bornaient pas les charges incombant au cerf. Il devait encore cultiver gratuitement les terres que le seigneur gardait pour son usage, sa réserve: c'était la corvée, et le caprice du seigneur en réglait seul la durée. Aussi le serf était taillable et corvéable à merci: "Hélas! Ecrivait l'évêque Adalbèron au roi Robert, il n'y a  aucun  terme aux larmes et aux gémissements de ces malheureux".

 

  • Les Paysans Libres

 

Les paysans libres se distinguaient des serfs seulement en ce qu'ils avaient la faculté de se déplacer, de se marier, et de transmettre leurs biens à leurs enfants comme bon leur semblait. Mais par contre ils devaient le service militaire dont les serfs étaient exempts; ils devaient encore des redevances en argent ou en nature; ils étaient soumis aux tailles et aux corvées, comme faucher les près du seigneur, de voiturer son vin, de curer les fossés de son château. En outre, ils ne pouvaient récolter, vendre ou acheter, avant que le seigneur le leur permit, et la permission ne venait jamais tant que le seigneur n'avait pas lui-même acheté ses provisions et vendu ses récoltes. Il faut remarquer du reste qu'aux dixième, onzième et douzième siècles les services dus au seigneur, les privilèges qu'il s'attribuait, étaient le paiement de services qu'il rendait à son tour, par exemple, de la protection assurée au paysan contre l'ennemi ou les brigands. C'est ainsi qu'étaient également justifiées les banalités, c'est à dire les redevances payées par le paysan pour l'usage du moulin, du four, du pressoir, que le seigneur avait été tout d'abord le seul assez riche pour faire construire. Par la suite les services cessèrent; Mais les redevances, les tailles, les corvées demeurèrent, et plus rien ne le justifiant, elles parurent justement odieuses  aux paysans.

 

  • La Vie du Paysan

 

Les paysans habitaient des maisons basses, le plus souvent construites en torchis, un mortier  d'argile et de paille hachée. La toiture était habituellement en chaume: d'où le nom de chaumière ou de chaumine donné à la maison. Elle ne comprenait guère qu'une seule pièce, avec une large cheminée, où l'on pouvait s'asseoir de chaque côté du foyer, comme on fait encore chez beaucoup de nos paysans. Les fenêtres, quand il y en avait et que le jour n'entrait pas simplement par la porte, étaient fermées par des volets pleins, en bois, parce que le verre à vitre coutait très cher. Pour tout mobilier, une huche ou coffre, servant à la fois à pétrir le pain et à serrer les vêtements; un lit c'est à dire une planche sur des tréteaux, avec un sac rempli de menue paille pour matelas. Des bottes de paille servaient de siéges; La  vaisselle se composait de plats et d'écuelles de bois. Les jours de fêtes on jonchait d'herbe fraîche le sol en terre battue qui tenait lieu de plancher.

 

Beaucoup de paysans travaillaient la terre à la bêche et à la pioche, parce qu'ils étaient trop pauvres pour avoir des bêtes de labour. Les charrues étaient le plus souvent en bois. Elles écorchaient à peine le sol et, par suite, la terre produisait infiniment moins qu'aujourd'hui. Aussi les famines étaient-elles fréquentent au Moyen Age. Au onzième siècle il y eut quarante-huit années de disette en soixante treize ans. On compte onze famines sous le règne de Philippe Auguste à la fin du douzième et au commencement du treizième siècle. (1195-1199)

 

  • Disparition du servage

 

Du douzième au quatorzième siècle la condition des paysans, les serfs et les libres, s'améliora et le servage disparut presque complètement. Cette transformation résulta de causes multiples et d'abord du sentiment religieux, que les croisades réveillèrent ou exaltèrent : On commença à penser que "formée à l'image de Dieu, toute créature humaine devait être franche (libre)". D'autre part les seigneurs, pour partir en croisade, eurent besoin d'argent. Dans la suite beaucoup comprirent que leur intérêt bien entendu était de laisser le paysan travailler en paix et de bon cœur; Il furent ainsi conduits à vendre ou à donner des libertés à leurs serfs. Ceux-ci obtinrent que la taille fût fixée invariablement comme l'étais le cens: cela s'appela s'abonner. Ils achetèrent le droit de se marier où et comme  il leur plairait. Beaucoup achetèrent même leur affranchissement complet. Dès la fin du douzième siècle, il n'y avait plus de serfs en Normandie. Au treizième siècle, les affranchissements se multiplièrent dans tout le royaume. Au début du quatorzième siècle un fils de Philippe le Bel, Louis X invoquant "le droit de nature" qui est que "chacun naisse franc", en réalité par besoin d'argent, affranchit moyennant finances les serfs du domaine royal. Il invita du même coup tous les seigneurs du royaume "à prendre exemple de lui". L'appel ne fut pas entendu de tous, et ce  fut seulement au milieu du quinzième siècle, sous  le règne de Charles VII, et la guerre de cent ans terminée, qu'eurent lieu les grands affranchissements.

 

Quant aux  paysans libres, en même temps que les serfs et comme eux à prix d'argent, Ils avaient obtenu des réductions de corvées et de redevances, parfois l'abolition d'une partie des banalités, enfin des exemptions partielles de service militaire. A la fin du quinzième siècle, la paix rétablie en France, les rois étant assez forts pour assurer presque partout le maintien de l'ordre, le paysan français voyait commencer pour lui une période d'aisance relative.

 

 

 

[En Mémoire de nos ancètres qui ont connu en leur temps les conditions de Vie décrites ci-dessus!] 

Transcrit pour les végétaliseurs par Yves Gonnet le 5 août 2008.

Albert Malet professeur agrégé d'histoire au lycée Louis le Grand, Histoire Moderne,

Rédigée conformément au programmes officiels du 31 mai 1902, Hachette Editeur.

 



Tags : histoire paysans moyen age histoire de France roi seigneur chteau campagne


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Commentaires laissés par les membres :

1 . le 19/12/2009, par avelinaBrin de Végétaliseur

Pensez-vous que le paysan d'aujourd'hui sous tutelle de l'Europe ait un sort plus enviable que le serf d'autrefois. A deux époques différentes exploitations différentes. Sauf qu'à cette époque le propriétaire des terres avait besoin de ses paysans; ce qui n'est plus le cas avec la politique de l'import-export. Aujourd'hui, vos terre deviennent stériles, c'est par idiotie ou par acte réfléchi?

2 . le 01/02/2009, par lalicorneGrand Végétaliseur

Article très instructif, je le l'ajoute à mes favoris, pour le montrer à mes enfants

3 . le 17/08/2008, par vertluisantGraine de Végétaliseur

Merci Clairefontaine pour ce petit cours d'histoire! :oP

4 . le 13/08/2008, par pasvalinaGrand Végétaliseur

Quels temps terribles pour la majorité des personnes vivants à cette époque ! Pasvalina

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