Il était une fois dans un royaume lointain, une Reine si vieille et si laide que ses sujets s'en désolaient. L'on en causait ici et là, un peu partout, dans les tavernes, dans les maisons, sur les marchés, et l'on s'en affligeait! "Quel malheur, disait-on, que notre souveraine soit aussi vieille et aussi laide.". "Mais qu'y faire…". Il se trouvât qu'un jour, un mystérieux magicien, un mage, sorcier ou charlatan se présentât à la porte du Palais et proposât pour sa Majesté une soi-disant merveilleuse liqueur. "Ma potion, disait-il, est si bénéfique et si puissante, qu'elle pourrait rendre jeunesse, vigueur et beauté, à la personne, la plus vieille et la plus laide!" La reine qui se désolait sans cesse sur sa triste vieillesse, (elle avait 70 ans et était percluse de rhumatisme), se laissât tenter, par notre bonimenteur, et par sa supposée si bienfaisante boisson. On lui en tendit un verre. Elle le but. Puis un autre, elle le but aussi. Les jours passèrent, la cure se poursuivit. Bien plus tard notre Reine était redevenue si désirable et si belle que le roi de Pologne la trouvant à son goût l'épousât à la plus grande joie de tous ses sujets.
Ma version est purement légendaire : dans un livre on trouve le nom d'Elisabeth de Hongrie, dans un autre c'est Isabelle De Hongrie, et on dit aussi que cette eau si bénéfique lui fut donnée par un saint ermite, dont, en fait, on ne sait rien.. Toutefois il est précisé que "Même elle s'en lavait le visage ce qui la rendit belle". Il est dit aussi que cette eau quasi miraculeuse guérit Louis XIV d'un "rhumatisme qui lui occupait l'épaule et le bras".
Il s'agit vous l'avez deviné de l' "Eau de la Reine de Hongrie"!
Cette liqueur, connut un grand succès et l'on s'en servit durant des générations et des générations. La marquise de Sévigné ne jurait que par elle. "Elle est divine, écrit-elle dans une lettre à sa fille, je m'en enivre tous les jours… Je la trouve bonne contre la tristesse. J'en suis folle, c'est le soulagement de tous les chagrins".
La formule de cette potion si merveilleuse, n'a pas été conservé sous une forme écrite, et n'a pas survécu aux vicissitudes de l'histoire. La formule originale a été perdue.
Et bien mes chers amis végétaliseurs je retrouve une formule apparentée dans le journal " La Garance Voyageuse". Un journal didactique, trimestriel, avec des articles très complets d'un grand intérêt. Je vous en fais très sincèrement la publicité. "On y apprend plein de choses!"
Nous laisserons à Madame Christine Dabonville le total crédit de cette formule car elle précise qu'elle tient cette recette de sa grand-mère. (La Garance Voyageuse, N° 79 Automne 2007 Page 43). Je la cite donc:
"Pour réaliser cet apéritif, que nous pourrions nommer, : "Vin de la Reine de Hongrie" ou "Vin des Centenaires", il vous faut choisir un beau brin de romarin d'une vingtaine de centimètres et le glisser dans une bouteille (de 75 cl) d'un bon vin blanc liquoreux, mais pas trop onéreux comme un Monbazillac, un Loupiac ou un Sainte-Croix-du-Mont… tous élaborés, à l'instar des Sauternes, avec les trois cépages Sèmillon, Sauvignon et Muscadelle. Rebouchez la bouteille et oubliez-la dans un coin de votre cuisine, à l'abri du soleil pendant deux ou trois semaines. Au bout de ce laps de temps, goûtez le breuvage pour vérifier que le rameau a eu suffisamment de temps pour libérer tous ses arômes et ses principes, ôtez-le et utilisez cet élixir de jouvence comme apéritif; cela vous aidera à atteindre, allègrement, au moins une centaine d'année…"
Romarin vient du latin "ros" =rosée et "marinus" =marin. La "rosée de la mer" pourrait-on dire, car à l'origine on ne le trouvait guère éloigné des côtes de la méditerranée.
Le docteur Valnet dans son livre "Aromathérapie, traitement des maladies par les essences de plantes" en fait en quelque sorte un "panacée universel". Il indique que le romarin peut être utilisé en remède efficace des faiblesses générales, pertes de mémoire, faible tension, impuissances, bronchites chroniques, grippes, infections intestinales, diarrhées, gaz intestinaux (flatulence), problèmes de foie et de vésicule biliaire, excès de cholestérol, digestion difficile, douleurs gastriques, rhumatismes, règles douloureuses, migraines, hystérie, troubles cardiaques, nervosités, vertiges. Ainsi qu'en remèdes externes: Plaies, brûlures, rhumatismes, douleurs musculaires, maladies de peaux, et en bain contre la fatigue générale!
En résumé : pourquoi ne vous lanceriez-vous pas, chers Amis végétaliseurs, dans la fabrication artisanale pour votre usage et pour celui de vos amis de cet apéritif nommé "Vin de la Reine de Hongrie" ou "Vin des centenaires", à la fabrication facile et qui semble pourvut de tant de vertus désirables, améliorant la santé et bénéfique à tant de maux, dont malheureusement la société moderne, n'a pas su nous préserver.
Excellent succès à tous!
Lien vers le site de la Garance Voyageuse :
Cet article a été rédigé par Yves Gonnet pour les végétaliseurs.
j'allais oublier merci pour cette nouvelle et jolies histoire!