Dans la langue gauloise, le mot « Vidus » signifie « arbre », mais aussi « savoir ». On constatera que cette partie de mot se retrouve dans « dru-vide » qui signifie « les tout savants » d’où le mot druide. « Celui qui est inséparable de l’arbre. » L’arbre dans la culture druidique étant le chêne.
On se souviendra que cette tradition qui lit le « Savoir » et les « Arbres » se retrouve dans la culture des Sorcières, « Celles qui pratiquaient les anciennes coutumes » ou «Celles qui pratiquaient le savoir des temps anciens » (Par opposition à la nouvelle Foi chrétienne). Avez vous remarquez que dans toutes les traditions populaires on retrouve invariablement les sorcières habitant et pratiquant aux fins fonds des forets, au milieu des Arbres.
Ce mot « Vidus » (arbre) (savoir) se retrouve en culture Viking, sous le nom du Dieu « Vidar », « Dieu qui a survécu au déluge. » La tradition du déluge se retrouve de manière constante dans toutes les traditions de toutes les cultures et mythologies de la planète. Dans la mythologie nordiste Vidus est le Dieu qui a survécu au déluge.
L’idée que l’Homme a pour origine l’Arbre est très répandue dans les mythologies européennes. On retrouve cette croyance chez les Viking, chez les celtes et chez les grecques. Parmi les arbres qui sont cité on retrouve surtout l’if et le chêne, mais aussi le frêne et l’orme. On cite par exemple chez les grecques le « chêne de Zeus » !
En mythologie Viking, il est dit que « le premier homme était issu du tronc d'Askr « le Frêne », et la première femme du tronc d'Embla « l’Orme » ».
« La véritable divinité de l’arbre est toujours une déesse : la Grande Mère, la Terre, maîtresse de la végétation, source première de toute nourriture, figurée sous l’arbre, parée de fleurs et tenant ses seins gorgés de lait… On la figurait aussi sous la forme de « statues colonnes » dont le corps est conventionnellement cylindrique au dessous de la ceinture, à la façon d’un tronc d’arbre d’où émerge le buste de la déesse »
Charles Picard
Les colonnades des cloîtres semblent être une réminiscence de cette culture. On cite par exemple le cloître de Lavaudieu en Auvergne.
Il est aisé de comprendre que les Arbres aient joué un grand rôle dans les croyances de l’ensemble des mythologies d’Europe. En effet aux périodes antiques la foret s’étendait sans discontinuité sur des surfaces immenses, et elles comprenaient en ces temps lointains d’innombrables arbres séculaires. On peut imaginer que les clairières crées par l’Homme ressemblaient à des îlots isolés dans ces amas de verdure.
Jugez de ce que put penser Cesar, lorsqu’il appris de la bouche de deux germains (habitant de la Germanie, Allemagne actuelle), que ceux-ci avaient voyageaient durant deux mois entier sans quitté une seule fois la pleine foret.
Quand à l’empereur Julien, 400 ans plus tard, ayant séjourné de longs jours au sein de ces forets profondes, dans la solitude des ténèbres et du silence, il déclara « qu’il n’avait jamais rien connu de semblable dans tout l’empire romain ».
Les germains avaient coutume de créer des « bosquets sacrés » et des « lieux sacrés » associés à « un arbre sacré ». Cette coutume perdura de longue année durant l’ère chrétienne suscitant des conflits avec le clergé et les évangélisateurs. (Anciennes coutumes opposées à la nouvelle Foi chrétienne.)
Au sujet d’un temple situé à Uppsal, il est question d’un grand arbre situé à proximité qui reste vert en hiver comme en été et qui est d’une espèce inconnue. Cet arbre était semble-t-il vénéré comme le pendant terrestre de l’Arbre du Monde. On pense que non seulement le culte d’une déesse suscitait cette vénération, mais surtout l’idée de la croissance continue de l’arbre, symbole de vitalité et d’immortalité.
Dans la mythologie nordique, Yggdrasil ou Yggdrasill est l'Arbre-Monde. Son nom signifie littéralement « destrier du Redoutable », le Redoutable (Ygg) désignant le dieu Odin.
Sur lui reposent les neuf mondes :
Midgard ou Mannheim monde du milieu, monde des hommes ;
Ásgard ou Godheim, monde des Ases ;
Muspellheim, monde du feu ;
Jötunheim, monde des géants de glace ;
Niflheim, Nibelheim ou Helheim, monde des morts ;
Álfheim, monde des elfes blonds;
Nidavellir, monde des nains ;
Svatalfheim, monde des elfes bruns ;
Vanaheim, monde des Vanes.
Encyclopedie Wikipédia

Il faut bien se rendre compte des difficultés de Vie de ces peuples anciens, dans les contrées du Nord, où les nécessités vitales étaient l’affaire de chaque instant. De telles civilisations en venaient naturellement à pratiquer le culte de l’énergie. On comprend l’admiration et la vénération que portaient ces peuples à la vitalité qui perdure au travers du temps de ces Epicéas et Sapins séculaires qui ornaient les forets de Norvège ou de Suède, bravant les intempéries et faisant fi des ravages du temps.
Les frère Grimm qui étudièrent dans le détail les mots anciens de la langue allemande arrivèrent à la conclusion que en ces temps reculés, les sanctuaires n’étaient autres que des bois naturels.
« Ce que les païens adoraient dans un arbre n’était pas le végétal lui-même, mais l’esprit divin qui l’animait, et qu’ils pouvaient imaginer sous forme d’une Dryade [nymphe du chêne]. On comprend mieux alors la sacralisation des travaux agraires qui accompagnaient le cycle des saisons. C’est pourquoi les paysans, en contact permanent avec la nature, résistèrent beaucoup plus longtemps au Christianisme. »
Neyton André, Lumières sur le paganisme antique, Letouzey et Ané, 1995.
« Dans la mythologie gauloise Esus, le bûcheron divin, abattait l’Arbre pour libérer de l’hiver la Déesse et la réveiller au Printemps naissant. Un jeune arbre symbolisant le renouveau vernal était alors érigé. »
J-P. Ronecker, ABC des Runes, Grancher 1993 (cf. notre art. Cernunnos).
« Lorsque des offrandes ou sacrifices avait lieu dans les foret, Il ne s’agissait naturellement pas d’offrande à des pierres, à des arbres ou à des sources. La pierre, l’arbre ou la source ne recevaient pas comme tels, un culte quelconque ; ce dernier ne s’adressait qu’au pouvoir divin qui y était « présent d’une façon spéciale ». »
R. Derolez, Les dieux et la religion des Germains, 1962.
On retrouve cette tradition dans la Grèce antique : « S'il vous arrive d'entrer dans un bosquet d'arbres vénérables qui se dressent, majestueux au dessus des autres et dont les sombres rameaux entrelacés vous dérobent la vue du ciel, vous sentez la présence d'un esprit dans ce lieu. Telle est la noblesse du bois, la solitude du lieu, la solennité de l'ombre opaque. » Sénèque, Epist. IX-12-3
Dans la Rome antique Tacite nous fait aussi savoir que « La forêt est la demeure naturelle des Dieux ».
« Les forêts étaient autrefois les temples des divinités ; aujourd'hui encore, les simples habitants des campagnes consacrent un bel arbre à un dieu avec le rituel des anciens temps ; et nous adorons les bois sacrés et jusqu'au silence religieux qui y règne avec autant de dévotion que les statues où resplendissent l'or et l'ivoire. » Pline, Histoire naturelle, XII-3. Et, plus loin (XVI-235) il signale qu’un arbre vieux d’au moins cinq cents ans était dénommé “le chevelu” parce que “Les nattes des vierges Vestales (vierges consacrées) y étaient suspendues”.
« Les envahisseurs romains ont détruit des forêts entières parce qu’elles étaient des sanctuaires de la religion celte : forêt de Marseille, d’Anglesey, de la Sainte-Beaume dans laquelle César lui-même coupa de sa propre main le plus beau chêne pour soutenir le moral de ses charpentiers terrorisés par les dieux gaulois. La Forêt Noire et les Ardennes étaient adorées comme des déesses […] saint Martin a beaucoup détruit d’arbres sacrés, puis les a simplement “convertis” en y déposant par exemple des statues de la Vierge, quelquefois sculptées sur le tronc. »
Pierre Ribon, Pierres qui guérissent, Horwath, 1993.
« Dans la mythologie gauloise Esus, le bûcheron divin, abattait l’Arbre pour libérer de l’hiver la Déesse et la réveiller au Printemps naissant. Un jeune arbre symbolisant le renouveau vernal était alors érigé. »
J-P. Ronecker, ABC des Runes, Grancher
« L’arbre est un être vivant résultant de l’alchimie naturelle de l’eau, de l’air et de la terre. La verticalité de son tronc relie la terre au ciel, alors que ses racines et sa frondaison s’enracinent respectivement dans la terre et le ciel. »
Becolloudios, in revue druidique
« Quiconque sent au milieu de la forêt la bataille silencieuse qui s’accomplit autour de lui pour le sol, nuit et jour, sans répit, sera saisi d’un frisson devant la profondeur de cet instinct qui est presque identique à la vie. Il y a ici lutte de plusieurs années, opiniâtre, acharnée ; une résistance désespérée du faible contre le fort, qui dure jusqu’à la défaite du vainqueur lui-même. »
Oswald Spengler.
« Découvrant cette absence de temples traditionnels, mais constatant un culte sylvestre (dans les bois) ou naturel, le premier souci des chrétiens sera de détruire les arbres et les forêts lorsqu’ils envahiront les pays nordiques païens. Ils pensaient que ceux-ci renfermaient l’essence du paganisme et ils vont s’acharner sur ces géants végétaux. »
Arnaud d’Apremont, Yggdrasil, éd. Janvier, 1996.
« Une ordonnance de Charlemagne interdit le très ancien rite païen qui consistait à placer des chandelles allumées auprès des arbres. »
“Le Tueur de Saxons”, cf. § in art. Irminsul
« Au VIIIème siècle, la moitié de l’Europe était recouverte de bosquets de chênes. À cette époque, saint Boniface apôtre de la Germanie, abattit un chêne sacré (celui de Thor, à Geismar) pour prouver aux païens que leur Dieu ne valait rien puisqu’il était incapable de défendre son symbole. Le chêne devint alors l’arbre du diable. Seules les sorcières (les Vestales -prêtresse- du lieu) lui restèrent fidèles. Le protégeant et le vénérant au péril de leur vie, elles continuèrent à se réunir à son pied pendant la nuit de Walpurgis qui précède l’aurore du 1er Mai. Aussi les immolât-on sur un bûcher de chêne. »
Vescoli, Calendrier Celtique, Actes Sud 1996. Car “Dieu† est Amour !”
Bernard de Clairvaux qui était encore proches de l’Ancienne Coutume, recommandait à ses moines :
« Vous trouverez plus auprès des arbres de la forêt que dans des livres ! »
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Qu’avez-vous ressenti en lisant cet article ?
En le rédigeant, c’est une toute une réminiscence d’un patrimoine ancestral qui m’est revenu. Le culte de la Nature ! Le Culte des Grands Arbres ! Ne serait ce pas le retour aux sources de la Vie ?
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Cet article a été rédigé pour les végétaliseurs par Yves Gonnet avec pour source unique de documentation l’article de haute érudition de Monsieur Tristan Mandon que je remercie chaleureusement, j'encourage les végétaliseurs à consulter son article complet, et à lui laisser un mot sur son livre d'or. http://racines.traditions.free.fr/arbrdia/
J’ai repris les informations qu'il nous propose, je les ai rédigées en mots simples et dans mon style personnel pour les rendre plus accessibles.
23 juin 2006
Un grand moment de mythologie. Très intéressant.