Mon ami Père Noël
Ecoute , qui te parle ce soir, petite fille
C’est moi, tu me connais bien, c’est Granny:
Il n’y a pas longtemps j’étais dans un pays
Pas très loin de chez toi, j’étais en Laponie
Nous étions en hiver, le pays est dormant
Tout recouvert de neige ,caché sous un drap blanc.
C’est ici, en secret, au fond de la forêt
Que vit un grand vieillard,tout de rouge vêtu
En cette fin décembre, il semble bien inquiet
Entouré de lutins aux chapeaux blancs ,pointus.
Les étoiles brillent bien plus que toutes les autres nuits
Les aurores boréales sortent tous leurs coloris
Le froid est vif, mordant jusqu’à l’insupportable
Mais, que se passe-t-il au fond de cette étable.
Plusieurs rennes harnachés de grelots scintillants
S’agitent , piaffent et même ruent nerveusement
Quelque chose les attire dehors, comme un aimant
C’est un traîneau doré et galonné de blanc.
Que se passe-t-il, ce soir , en ce 24 décembre
Pourquoi la neige semble-t-elle encore plus blanche
Pourquoi les lourds flocons sont-ils plus abondants
Pourquoi tout ce pays est-il encore plus blanc.?
Rodolphe, le plus jeune renne, préféré du vieil homme
Ne peut tenir en place, et tire sur sa corde
On sent qu’il veut partir, mais où veut-il aller?
Pourquoi son beau nez rouge ne cesse de humer.
C’est un soir magnifique, crois moi , petite fille
Demande à ta maman, elle aussi te dira
Que la nuit de Noël où tout est calme, tranquille
C’est la nuit réservée à tous les enfants rois.
Dans la grande maison où vit le pére Noël
Les lutins virevoltent, comme s’ils avaient des ailes
L’agitation est grande, ils doivent être en retard
Il faut tout préparer, car c’est le grand départ
Il faut vite sortir des grandes bibliothèques
D’énormes livres rouges tout couverts de poussière
Les gardiens éternels des précieuses adresses
De tous les enfants sages dont ce soir c’est la fête.
Le monde entier est là, dans ces grands répertoires
L’Australie, l’Amérique, l’Europe, l’Afrique noire
L’Asie, et toi aussi , ton nom est sur leurs pages
Car tu fais bien partie de tous ces enfants sages.
Rodolphe est attelé en tête du traîneau
Il est fier, il scintille jusqu’au bout des sabots
Ses compagnons de route sont harnachés aussi
Le convoi semble prêt, il est presque minuit.
Le vieil homme tout de rouge vêtu, botté de noir
La barbe longue et blanche, encore plus blanche ce soir
Ecrasé sous le poids d’un gros sac rebondi
Arrive, accompagné des lutins, ses amis.
Un ballon , une poupée , même un ordinateur
Un costume de fée, un gros poupon rieur
Des livres, des albums, des crayons de couleur
Tous ces jouets sont là, pèle-mêle, à l’intérieur.
Pas d’erreur possible, il ne doit rien oublier
Il a reçu des lettres, il faut les exhausser
La sagesse, Il est là pour la récompenser
Ca y est, tout est fin prêt, Il va leur apporter.
Les aurores boréales arrivent pour éclairer
La route , dans le ciel , pourtant tout étoilé
Dji dji Rodolphe et tous ses compagnons
Il faut vite s’envoler, car le chemin est long.
Voilà, dans une bourrasque de neige, ils sont partis
Rodolphe caracole, et ses amis aussi
Le beau vieillard tout recouvert de neige, transis
Sourit, heureux , c’est sa nuit à lui aussi, et celle des petits
C’est Noël, ils attendent, même s’ils sont endormis
Il est à l’heure, j’entends les douze coups de minuit.
J’ai vu le Père Noël, Rodolphe, le traîneau
J’ai même vu les grands livres bien rangés tout en haut
Ton nom est bien inscrit dedans , petite Aure
Mais jamais personne ne pourra assister
A l’envol du traîneau, c’est un moment secret
Et de toute façon, à cette heure là tu dors
C’est la règle du jeu, c’est ainsi dans le Nord.
Quand tu t’éveilleras, de bonne heure , c’est certain
Il sera passé au pied du grand sapin
Il aura déposé, sans bruit, sans être vu
Les jouets , les cadeaux que tu as tant voulus
Jusqu’à Noël prochain il sera reparti
Là où il vit toute l’année , prés de Rovaniemi.
quelle chance à cette petite fille... une grand-mère poète.....