La macrophotographie...
Une modeste branche de la photographie. Souvent méconnue. Parfois méprisée par des photographes qui préfèrent les sujets de plus grande envergure. Pourtant, certains se passionnent pour ces clichés : montrez à des enfants une abeille en gros plan et observez leur regard devenir brillant de curiosité. Les petits enfants affectionnent les petites bêtes. Par identification ?...
Leur apprendre à les connaître, les reconnaître, les protéger est un enjeu important pour l'avenir de notre planète. La préservation de la biodiversité est la clé d'un monde riche et paisible, d'une agriculture qui parvient à trouver son équilibre et d'écosystèmes préservés. Alors, ne laissons pas s'essouffler leur attrait pour le microcosme qui les entoure, mais partageons avec eux la découverte du petit monde insignifiant qui se terre à nos pieds.

Pratiquer la macrophotographie, c'est retrouver ses yeux d'enfants. S'émerveiller des petits riens qui bordent négligemment les chemins et s'incrustent entre deux pavés d'un trottoir.
Je me souviens de Léa, quatre ans, qui m'a offert l'été dernier un maigre bouquet de pissenlits aux tiges gluantes. Là où la fillette exhibait fièrement une explosion de soleils jaunes, nous ne voyions qu'une vulgaire touffe de mauvaises herbes. Il y avait aussi Lucian, qui pouvait passer de longues minutes immobile, accroupi devant une fourmilière, à suivre l'activité intense des insectes avec curiosité. Lucian et Léa grandiront, apprendront à distinguer les nuisibles et mauvaises herbes, à les négliger, les piétiner, les arracher... A moins que Léa et Lucian ne parviennent à préserver cet amour de toute chose propre aux plus jeunes, sans y porter de jugement. La beauté est partout, les enfants le savent bien.

Plus je m'abandonne à la macrophotographie, plus je retrouve cet état de grâce propre à l'enfance. A chaque détour de sentier me sautent au viseur des petits trésors d'élégance. Le clin d'oeil d'un coléoptère, le sourire carnassier d'une libellule, le regard outré d'un papillon dérangé durant son repas, les pistils poudreux d'un bouton d'or, une goutte d'eau qui reflète tout un monde en train de dévaler un brin d'herbe...
Par mes photos, je voudrais tant dire à Lucian et à Léa qu'ils ont raison ! Les aider à préserver leur capacité d'émerveillement. Leur montrer qu'il existe une infinité d'espèces animales ou végétales qui possèdent chacune la part de beauté que leur accordera notre regard.
Alors, gardons les yeux ouverts.
N'admirons pas simplement ce que l'on nous dit être beau. Changeons de regard, pour rendre à la planète toute sa beauté.
Merci philou06, mais pourquoi "Dommage pour le fond vert ?... si l'on n'aime pas le vert, il faut s'orienter vers la photo sous-marine ou aérienne ! Et quel plus bel (et plus vrai) écrin pour un insecte rencontré allongée dans une pâture qu'un arrière-plan vert ?