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Ethnobotanistes, chercheurs, ou simples voyageurs, ils parcourent le monde et nous font découvrir des paysages, des peuples et leurs rapports à la nature

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Baroudeurs du monde

La Camargue, côté nature, côté sauvage

 

Du nord de l’étang du Vaccarès jusqu’au Phare de la Gacholle en bordure de Méditerranée, la réserve nationale de Camargue offre une autre vision du delta du Rhône. À pied ou à vélo, entre sentiers balisés et marais salants, c’est la rencontre avec la nature authentique avec ses milliers d’oiseaux qui viennent y chercher calme et sérénité.

 

La brume se lève sur la nationale 572. À quelques encablures d’Arles, jadis cité romaine, la sortie 4 indique « Les Saintes Maries de la Mer – Salins de Giraud ». Direction la Grande Camargue, terre isolée du monde extérieur par le petit Rhône à l’ouest et le grand Rhône à l’est. Mélange subtil d’eau douce et d’eau salée, le delta de Camargue est le jardin d’Eden d’un écosystème très particulier. Hérons, poules d’eau, foulques, canards et aigrettes virevoltent sur l’immense étang du Vaccarès tandis qu’un couple de sangliers franchit nonchalamment la départementale à la recherche du déjeuner matinal. Le long de la D 36 qui borde le grand Rhône, la rosée transpire des hautes herbes. L’air est doux et transporte l’odeur enivrante des marais environnants. Au loin, un troupeau de taureaux profite paisiblement des rayons matinaux du soleil méditerranéen. Pas un bruit, la civilisation est loin, très loin. Seuls quelques oiseaux réunis en assemblée viennent perturber ce calme olympien. Quelques kilomètres plus loin, la réserve naturelle de Camargue s’étend sur 13 117 hectares. Classée réserve nationale depuis le 24 avril 1975, elle abrite une biodiversité riche et variée et participe activement à la protection de nombreuses espèces menacées. Ici, c’est la Camargue nature et sauvage qui dévoile ses plus beaux atouts.

 

Aménager la nature

 

Bâtie dans un vieux mas camarguais, à la lisière des marais et du Vaccarès, La Capelière est le point d’accueil de la réserve. Eric Coulet est le directeur des lieux. Depuis plus de vingt ans, il œuvre sans relâche pour sa préservation et son développement. Une tâche ardue qui n’était pas gagnée d’avance : «  On a un arrêté de classement depuis 1975 qui nous interdit presque tout, alors que tout était à faire. Je me suis retrouvé gestionnaire d’un site soumis au tourisme de masse, mais également à un tourisme naturaliste. Je devais donc me débrouiller avec cet arrêté d’une part, et d’autre part apporter une satisfaction aux gens qui souhaitaient venir ici. » Accueillir le public dans un environnement aussi sauvage et réglementé ne peut pas se faire dans n’importe quelles conditions : « Notre politique générale, c’est d’ouvrir au public les zones un peu spécifiques qui ont été modifiées par les hommes : des infrastructures, des clôtures, des digues, etc. On ouvre ensuite d’autres parcelles, mais lorsqu’on les domine biologiquement. On ne peut pas ouvrir des secteurs de nature brute, ce n’est pas possible. » Ici, la faune vit en quasi symbiose avec ses visiteurs : « Il n’y a pas de chasse sur le site et les animaux le savent. Des enfants qui courent et crient ou un randonneur avec un sac à dos ne les font pas fuir. Ce lien perdu depuis des milliers d’années entre les bêtes et les humains est en train de se recréer et je dois dire que je ne m’y attendais pas. Je crois que si je devais avoir un seul plaisir à faire ce travail, ça serait ça. »

 

Immersion et sensations

 

Au départ du domaine de la Capelière, on est en effet vite absorbé par cette ambiance que devaient connaître nos lointains ancêtres : vivre en harmonie avec la faune et la flore environnantes. Sur 1,5 km de sentier nature, la réserve présente la diversité de la végétation camarguaise (forêt, sansouire, roselière et pelouse). Une diversité de végétation pour une diversité de sensations. Ici chacun est libre de voir et ressentir la nature comme bon lui semble comme le rappelle Eric Coulet : « On guide un peu les gens au début et puis on les laisse aller à leur rythme. On n’a pas envie de faire du didactique. Ici, on peut se retrouver, être au calme. Chacun va avoir sa vision et ensuite la partager avec les membres de sa famille ou ses amis. On donne au visiteur ce qu’il est venu trouver sans être directif. » Pour profiter d’un simple coucher de soleil ou flâner à l’ombre d’un tamaris, la découverte de cette Camargue reste une histoire propre à chacun.

 

Les sentiers des oiseaux

 

Situé à quelques kilomètres au sud de la Capelière, le Salin de Badon est une ancienne saline royale dans laquelle ont été aménagés 4,5 kilomètres de sentiers de découverte. Cette réserve zoologique et botanique créée en 1927 reste une zone fragile de la réserve et nécessite une attention de tous les instants. L’accès contrôlé (autorisation délivrée à la Capelière) permet de conserver l’équilibre entre protection nécessaire et plaisir de la découverte. Trois itinéraires aménagés – sentier des aigrettes, sentier des flamants, sentier des foulques – permettent d’approcher une grande variété d’oiseaux d’eau (canards, échasses, grèbes huppés, cormorans…). Sur des petits chemins entrecoupés de passerelles en bois, on s’enfonce dans un environnement de plus en plus sauvage. Les ragondins barbotent tranquillement alors que ça et là, des hirondelles se rassemblent pour une migration imminente. Au premier observatoire, un amateur éclairé sillonne l’horizon avec sa longue-vue. Il « chasse » ses instants de vie précieux d’oiseaux, qui pour certains, ne font que passer. Un chant mélodieux vient perturber le silence ambiant. Un martin-pêcheur surgit de nulle part volant en rase-mottes au-dessus de l’eau. Premier passage infructueux. Les poissons lui donnent du fil à retordre aujourd’hui. Frustré, le petit pêcheur va revoir son approche dans la roselière toute proche. Héron, foulque, canard ou martin-pêcheur, peu importe ce que l’on cherche ici, sur chaque sentier, la découverte se fait à chaque instant.

 

Entre terre et mer

 

En quittant le domaine d’observation, la route se faufile entre manades et salins. Le soleil illumine de pleins feux le ciel bleuté. Au loin, derrière les dunes qui se dessinent, on devine la mer Méditerranée et ses plages de sable fin. La route se transforme en chemin chaotique. Les nids de poule succèdent aux dénivelés incessants ; manifestement, l’endroit n’est pas fait pour les voitures. À trois kilomètres de là, le phare de Gacholle domine le sud de la réserve et tient lieu de point d’accueil pour les visiteurs. Au bout de ce petit périple, c’est la digue à la mer, construite au siècle dernier pour isoler le delta du Rhône de l’influence de la mer. Lorsqu’ Eric Coulet a démarré la gestion du site, la présence touristique y était surdéveloppée : « Quand je suis arrivé, il y avait 100 000 voitures par jour là-dessus et près de 10 000 campings sauvages sur la plage de la réserve. Pour remédier à ce problème, j’ai décidé de fermer l’accès pour ne laisser place qu’aux piétons et aux cyclistes. Et aujourd’hui, c’est un bonheur extraordinaire de se promener à cet endroit. »

 

En pénétrant sur la digue, l’impression d’être coupé du monde est encore plus vivace qu’ailleurs. De chaque côté du chemin des Douanes, des flamants roses s’affairent dans les marais. Les roseaux et salicornes (plantes typiques des marais salants) garnissent le sol sur des kilomètres. Mouettes et goélands luttent contre le vent marin qui vient de se lever. Le phare de la Gacholle est maintenant derrière, il est le seul symbole visible d’une civilisation qui semble très éloignée. Arrivé sur la plage, le spectacle semble irréel. C’est comme un désert qui s’étend à perte de vue. Le vent marin se fait de plus en plus fort et balaie le sable qui vient s’écraser sur des dunes en perpétuel mouvement.Douze kilomètres de plage sans immeuble ou maison, « le dernier endroit comme ça sur la côte méditerranéenne », note Eric Coulet. Un sanctuaire d’espace, de liberté et de beauté qu’il convient de préserver. Quelques kilomètres plus loin, ce sont des milliers de touristes qui, chaque été, investissent les plages des Saintes Maries de la Mer. Ici, derrière ces dunes fragiles, la réserve nationale de Camargue représente le bastion de l’écotourisme local, entre préservation des milieux naturels et plaisir de la découverte.

 

 



Tags : pour combien de temps camargue geste voyage amenagement

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Commentaires

1 . Dimanche 13 Juillet 2008 à 16h50, par soizickGrand Végétaliseur

La Camargue est un site magnifique mais , passionnée par les pays arctiques, le sud m'inspire peu d'élans émotionnels. Je laisse au adorateurs du soleil le soin de décrire cette région avec leur coeur.Je souhaitais la faire connaître, pas plus. Merci saharine.

2 . Dimanche 13 Juillet 2008 à 16h23, par saharineVégétaliseur en fleur

et pourquoi pas un rendez-vous à tous pour se retrouver en Camargue (accessible à tous) et s'écouter chacun, passionnés à sa façon? c'est bien d'écrire... ; )

3 . Lundi 16 Juin 2008 à 17h49, par soizickGrand Végétaliseur

viens quand tu veux. merci Mamoun

4 . Lundi 16 Juin 2008 à 16h33, par mamoun48Grand Végétaliseur

Merci pour cette belle présentation de la Camargue ! Elle donne envie d'aller s'y "perdre" !

5 . Vendredi 13 Juin 2008 à 19h03, par soizickGrand Végétaliseur

tu prends une petite barque, tu la mets sur le Rhône et direct jusqu'au delta. Je t'attends à côté des taureaux. LOL Merci

6 . Vendredi 13 Juin 2008 à 18h54, par dede69004Grand Végétaliseur

je disais un coin de plus à visiter!!

7 . Vendredi 13 Juin 2008 à 18h53, par dede69004Grand Végétaliseur

Un coind epus à visiter! Bien!!

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