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Depuis près de 10 ans, je me rends régulièrement en vacances dans le sud de la Catalogne, dans la région du Delta del Ebre. Rizières, bancs de sable à perte de vue, champs d'oliviers, d'orangers, de pêchers... une région magnifique. Depuis peu, les habitants du village de San Carles de la Rapita n'ont qu'un mot à la bouche : trasvase (en français "transevasement"). Le gouvernement espagnol et les autorités catalanes se sont mis d'accord le 15 avril dernier pour acheminer l'eau du delta via une canalisation de plus de 60 km jusqu'à Barcelone. Car depuis plus de deux mois, la catalogne est confrontée à l'une des plus graves secheresses de son histoire et les réserves en eau continuent de baisser. Elles sont aujourd'hui tout près d'atteindre le seuil fatidique des 20 % de leurs capacités. Les habitants du delta sont eux très inquiets quant aux conséquences écologiques de cette déviation : regression du fleuve vers l'intérieur du pays, fragilité de la côte, affaissement du delta sous le niveau de la mer, ou pénétration de la mer dans les terres, avec les conséquences que cela suppose pour les agriculteurs... Plusieurs hectares de terres seraient déjà inexploitables. Mais la contestation et les inquiétudes des habitants du delta ne semblent pas faire beaucoup de vagues dans le paysage politique espagnol qui étudie, face à la menace que fait peser le réchauffement climatique sur l'Espagne, le projet à long terme d'un gigantesque transvasement depuis le Rhone... affaire à suivre.
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On atteint des sommets car la ville de Barcelone va payer 22 millions d'euros par mois pour faire venir de l'eau potable par bateau-citerne depuis Marseille. Tout ça pour qu'on puisse continuer à manger des fraises infectes à 3 € le kilo et à développer l'urbanisation !